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Je n’ai pas de parcours universitaire classique, je suis autodidacte. Je suis devenu critique du néolibéralisme, de ses effets économiques, sociaux et culturels. Mes références actuelles sont Emmanuel Todd, René Girard, Jean-Claude Michéa, Dany-Robert Dufour, Bernard Friot, Frédéric Lordon, David Cayla, Coralie Delaume, David Graeber, Michel Feher, Naomi Klein...

Impôts, cotisations sociales et retraites : remettre les mots à l’endroit pour comprendre le débat

Avant de discuter des retraites, il faudrait déjà parvenir à distinguer impôts et cotisations sociales, dépenses publiques et dépenses sociales. Les macronards et leurs alliés LR-zemmouriens ne font pas cette distinction, soit par malhonnêteté, soit par incompétence économique, voire les deux.

Les impôts et les taxes sont prélevés par le Trésor public et le fisc pour financer le budget de l’État ou des collectivités territoriales. Ils n’ouvrent aucun droit direct pour ceux qui en sont redevables et servent à financer des services rendus à la collectivité : services publics, rémunérations des fonctionnaires, investissements publics ou encore charge de la dette.

Les cotisations sociales, quant à elles, sont directement prélevées sur les salaires. Une partie est due par les salariés (cotisations salariales), une autre par les employeurs (cotisations patronales). Elles sont versées à la Sécurité sociale ou à d’autres organismes sociaux publics. Les cotisations sociales constituent la contrepartie directe d’une assurance ou d’une prestation sociale (retraite, assurance maladie, chômage, prestations familiales).

Le seul point commun entre impôts et cotisations sociales est leur caractère obligatoire : on parle alors de prélèvements obligatoires. Mais en aucun cas un impôt n’est une cotisation sociale, et inversement.

Les dépenses publiques correspondent à l’ensemble des dépenses réalisées par les administrations publiques. Elles sont financées par les recettes (impôts, taxes et cotisations sociales) ou par l’endettement public.

Les dépenses sociales, elles, regroupent les prestations en espèces, les biens et services fournis directement aux individus, ainsi que certains allègements fiscaux à visée sociale. Elles sont dites publiques lorsque le recouvrement est assuré par des administrations publiques (comme l’URSSAF). Elles peuvent aussi être privées lorsqu’elles sont versées par des organismes privés (mutuelles, assurances, fonds de pension). Les dépenses sociales privées peuvent être facultatives mais aussi obligatoires, tout comme les dépenses sociales publiques.

Lorsqu’on prend en compte uniquement la dépense sociale publique, la France figure parmi les pays les plus élevés, avec une dépense équivalente à environ 31 % du PIB[1]. En revanche, lorsqu’on additionne l’ensemble des dépenses sociales, publiques et privées, les États-Unis atteignent un niveau comparable à celui de la France[2]. Cela montre qu’en France, on privilégie un système social redistributif fondé sur des cotisations sociales obligatoires et géré par des organismes publics, tandis qu’aux États-Unis le marché joue un rôle central dans la santé et les retraites, sans garantir l’accès de tous à ces protections, ce qui engendre des inégalités considérables.

Il est donc essentiel de savoir précisément de quoi l’on parle. Les retraites ne sont pas une dépense du budget de l’État, mais des dépenses sociales financées par les cotisations sociales versées par les salariés et les employeurs. C’est là que se situe le véritable débat, que les macronards et leurs alliés tentent de détourner en changeant le sens des mots : la répartition de la valeur ajoutée entre le capital et le travail.

 

Nicolas Maxime


[1] DREES, Social protection spending in Europe (2023) : les prestations de protection sociale représentent 31,5 % du PIB en France.

[2] OCDE, Society at a Glance 2019 : la dépense sociale totale nette atteint environ 32 % du PIB en France et près de 30 % aux États-Unis une fois intégrées les dépenses privées.

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