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Je n’ai pas de parcours universitaire classique, je suis autodidacte. Je suis devenu critique du néolibéralisme, de ses effets économiques, sociaux et culturels. Mes références actuelles sont Emmanuel Todd, René Girard, Jean-Claude Michéa, Dany-Robert Dufour, Bernard Friot, Frédéric Lordon, David Cayla, Coralie Delaume, David Graeber, Michel Feher, Naomi Klein...

Programme d'Emmanuel Macron : le vide intersidéral

Pour le dire d'entrée de jeu, c'est la continuité du premier mandat d'Emmanuel Macron : un programme libéral qui vise à réduire la protection sociale[1].

Les quelques réformes positives :

  • L'embauche de 50 000 personnels soignants dans les EHPAD et de 8 500 magistrats dans les tribunaux.
  • Une revalorisation de l'allocation de soutien familial passant de 115 à 174 euros pour les mères isolées.
  • Le versement automatique des aides sociales à la source.
  • Une lutte contre les déserts médicaux, même si l’on ignore concrètement comment il va s’y prendre.
  • Une stratégie énergétique ambitieuse, développant à la fois le nucléaire avec 6 nouveaux EPR et les renouvelables avec de nouveaux parcs éoliens et solaires.

Les réformes déplorables et anti-sociales :

  • Le report de l'âge légal de la retraite à 65 ans, démagogique et insensé.
  • L’autonomie des établissements scolaires et des universités, après les hôpitaux et la T2A, Macron s’attaque à l’éducation, dernier rempart des services publics.
  • Les baisses d'impôts pour les entreprises, comme les impôts de production, reflétant sa croyance en une politique de l’offre à la Milton Friedman.
  • La suppression de la redevance télévision, au lieu de la rendre plus progressive.
  • La fusion de Pôle Emploi et des missions locales, qui se fera contre les bénéficiaires : les missions locales accompagnent spécifiquement les jeunes et ne font pas le même boulot que Pôle Emploi.

Le pire, le travail forcé pour les bénéficiaires du RSA :

  • L’obligation de consacrer 15 à 20 heures par semaine à une activité facilitant l'insertion professionnelle.
  • Qu’adviendra-t-il des personnes en grande exclusion avec de fortes dépendances à l’alcool et à la drogue si elles ne se présentent pas à ces activités ?
  • Comment feront les mères isolées avec des enfants en bas âge ? Elles devront les laisser seules sans possibilité de garde.
  • Comment feront les associations pour encadrer ces nouveaux forçats qui n’auront pas choisi ces activités et montreront probablement peu de motivation ?
  • Il est déjà difficile de trouver des mesures de TIG, alors comment gérer les 2 millions de bénéficiaires du RSA[2] ?

Le RSA est une aumône de 565,34 € attribuée aux personnes sans emploi ni ressources[3]. Avec Macron, il sera donc obligatoire de travailler plus qu’un mi-temps en échange de cette somme, très en dessous du salaire minimum, sans cotisation sociale ni contrat de travail. L’indécence de Macron n’a pas de limites.

Si Macron se plaignait qu’il y avait trop de chômeurs qui ne travaillaient pas, il aurait pu étendre l’expérimentation Territoires Zéro Chômeurs[4] en créant une véritable garantie d’emploi pour les chômeurs longue durée. Mais non : pour lui, la cause du problème, ce sont les pauvres et les chômeurs, ce n’est pas la pauvreté et le chômage qu’il faut combattre.

Ce qui manque cruellement

  • Rien sur le RIC, l’augmentation du SMIC et des retraites, la lutte contre l’optimisation fiscale ou le retour de l’ISF.
  • Rien de concret non plus sur l’écologie et cette fameuse transition indispensable.

En conclusion, Macron, c’est un programme de vide intersidéral avec quelques miettes lancées au visage du peuple et la continuité d’un système oligarchique au service des plus puissants.

 

Nicolas Maxime


[1] Programme d’Emmanuel Macron, candidat à l’élection présidentielle de 2022, « Mon contrat avec la Nation », document de campagne officiel (pdf). Disponible en ligne : https://storage.googleapis.com/en-marche-fr/COMMUNICATION/Programme-Emmanuel-Macron.pdf

[2] DREES – Minima sociaux : baisse du nombre d’allocataires en 2021 : fin 2021, 1,93 million de foyers perçoivent le revenu de solidarité active (RSA), soit une baisse de 6,2 % par rapport à fin 2020 (ce qui représente environ 3,87 millions de personnes) ; publié par la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (DREES), données au 31 décembre 2021.

[3] Le montant forfaitaire du RSA pour une personne seule était de 565,34 € au 1er avril 2021.

[4] Site officiel de l’association Territoires zéro chômeur de longue durée : https://www.tzcld.fr/.

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