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Je n’ai pas de parcours universitaire classique, je suis autodidacte. Je suis devenu critique du néolibéralisme, de ses effets économiques, sociaux et culturels. Mes références actuelles sont Emmanuel Todd, René Girard, Jean-Claude Michéa, Dany-Robert Dufour, Bernard Friot, Frédéric Lordon, David Cayla, Coralie Delaume, David Graeber, Michel Feher, Naomi Klein...

Le RSA n’est pas une allocation inconditionnelle : réalités et limites de l’accompagnement

C’est complètement faux de dire que le RSA est versé inconditionnellement. Ceux qui affirment cela le font soit par démagogie, soit parce qu’ils sont hors sol. Aujourd’hui, un bénéficiaire du RSA est déjà soumis à des contraintes. Pour obtenir ce revenu, il faut signer un contrat d’engagement réciproque avec le conseil départemental. Le bénéficiaire est convoqué et rencontre des travailleurs sociaux. En fonction de sa situation, on évalue s’il est éloigné de l’emploi ou non. Lorsqu’il est proche de l’emploi, des rendez-vous doivent être pris régulièrement avec un accompagnant socio-professionnel qui va aider la personne à affiner son projet (ceux qui sont plus éloignés de l’emploi, quant à eux, rencontrent un travailleur social qui les accompagne dans leurs difficultés quotidiennes). Si le bénéficiaire manque un rendez-vous, le RSA peut être réduit, voire suspendu[1].

Mais l’insertion professionnelle est complexe à réaliser, car les accompagnants ont souvent une cinquantaine de suivis et n’arrivent pas à accompagner les bénéficiaires dans de bonnes conditions. De plus, l’insertion professionnelle n’amène pas nécessairement à des débouchés, car il n’y a pas forcément d’emploi à la clé. Parfois, les allocataires ne sont même pas admis en stage. Si le gouvernement veut miser sur l’insertion des bénéficiaires, pourquoi ne pas renforcer les associations qui les accompagnent ? Et enfin, quels vont être les débouchés si, derrière, il n’y a aucun emploi ? Dans ce cas, pourquoi ne pas étendre l’expérimentation Territoires zéro chômeur de longue durée[2] ?

En réalité, soit ces activités de 15 à 20 heures seront parfaitement occupationnelles et inutiles, et dans ce cas cela n’apportera rien en termes de débouchés professionnels pour les bénéficiaires du RSA ; soit ces activités sont des emplois déguisés et, dans ce cas, il faudrait simplement les reconvertir en emplois rémunérés décemment et ainsi instaurer une véritable garantie d’emploi pour tous les chômeurs.

 

Nicolas Maxime


[1] Ministère des Solidarités / Service‑Public.fr, Le Revenu de Solidarité Active (RSA) : le RSA est associé à des droits et devoirs, dont la signature d’un contrat d’engagement réciproque ou projet personnalisé d’accès à l’emploi et des obligations d’insertion, et le non‑respect des engagements peut entraîner des sanctions (réduction, suspension ou suppression du RSA) ; articles L262‑27 à L262‑39 du Code de l’action sociale et des familles (CASF).

[2] Site officiel de l’association Territoires zéro chômeur de longue durée : https://www.tzcld.fr/.

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