Je n’ai pas de parcours universitaire classique, je suis autodidacte. Je suis devenu critique du néolibéralisme, de ses effets économiques, sociaux et culturels. Mes références actuelles sont Emmanuel Todd, René Girard, Jean-Claude Michéa, Dany-Robert Dufour, Bernard Friot, Frédéric Lordon, David Cayla, Coralie Delaume, David Graeber, Michel Feher, Naomi Klein...
Les primes Macron ou la généralisation de l’intéressement, mises en place par le gouvernement et votées à l’unanimité par les députés La République En Marche, Les Républicains et Rassemblement National, dans le cadre de la loi sur le pouvoir d’achat, constituent des dispositifs visant à éviter une augmentation pérenne des salaires et à écarter le débat sur le partage de la valeur ajoutée[1].
Alors que la majorité des Français souhaitent une augmentation généralisée des salaires, notamment dans un contexte d’inflation élevée, la droite, dans son ensemble, a choisi d’augmenter les revenus immédiats des salariés par des mécanismes exonérés de cotisations sociales. Il s’agit de la vieille rengaine des hausses de revenus sans « charges sociales ».
En réalité, les salariés seront les grands perdants de cette réforme. Bien que leurs revenus augmentent dans un premier temps par le biais de ces primes et de l’intéressement, ces sommes ne donnent pas lieu à cotisations. Cela signifie moins de droits futurs, que ce soit pour la retraite ou en cas de chômage. Par ailleurs, ces exonérations de cotisations sociales entraînent un manque à gagner pour les caisses de la Sécurité sociale, des retraites et de l’assurance chômage, contribuant mécaniquement à leur déséquilibre financier[2].
Ce déficit ainsi organisé servira ensuite de justification aux réformes à venir, telles que le report de l’âge légal de départ à la retraite à 65 ans ou de nouvelles réformes antisociales de l’assurance chômage, que les députés Les Républicains et Rassemblement national s’empresseront de voter en invoquant l’argument désormais classique : « Les caisses sont vides, il n’y a pas d’argent pour financer les retraites et le chômage ».
La seule alternative consiste à augmenter de manière significative et durable les salaires afin d’assurer un partage équitable de la valeur ajoutée, plutôt que de multiplier les primes, l’intéressement ou les chèques ponctuels.
Nicolas Maxime