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Je n’ai pas de parcours universitaire classique, je suis autodidacte. Je suis devenu critique du néolibéralisme, de ses effets économiques, sociaux et culturels. Mes références actuelles sont Emmanuel Todd, René Girard, Jean-Claude Michéa, Dany-Robert Dufour, Bernard Friot, Frédéric Lordon, David Cayla, Coralie Delaume, David Graeber, Michel Feher, Naomi Klein...

Le retour du vieux monde : Glucksmann ou la résurrection du social-libéralisme

Maintenant que le Rassemblement national s’est normalisé et que la menace fasciste semble, du moins en apparence, se dissiper, il fallait bien ressusciter un vieux dinosaure politique qui sommeillait depuis des années : le Parti socialiste. Il s’agissait de trouver une nouvelle parade à gauche afin d’empêcher l’émergence d’une véritable alternative socialiste, écologique et populaire, capable de remettre en cause les fondements du modèle économique dominant.

Mais le dinosaure revient rajeuni. Fini les figures usées du hollandisme finissant, François Hollande ou Ségolène Royal. Place à Raphaël Glucksmann, ancien libertarien reconverti en social-démocrate respectable, ardent défenseur du fédéralisme européen, chantre des droits de l’homme abstraits et va-t-en-guerre assumé contre Vladimir Poutine.

Photo de Raphaël Glucksmann par PetDoherty, sous licence Creative Commons Attribution-ShareAlike 4.0 International (CC BY-SA 4.0). Source : Wikimedia Commons

Sous des habits neufs, le projet reste pourtant le même. C’est le retour du rocardo-hollandisme, repeint aux couleurs d’un progressisme sociétal de façade, agrémenté d’un discours moral sur l’Europe, la démocratie libérale et la « bonne gouvernance ». Une gauche de gestion, compatible avec l’ordre économique existant, qui ne remet ni en cause la financiarisation de l’économie, ni les règles budgétaires européennes, ni la domination des marchés sur les choix politiques.

Cette gauche là n’a jamais eu vocation à transformer la société, mais à canaliser les colères, à neutraliser les aspirations populaires et à maintenir l’illusion d’une alternance. Elle joue un rôle fonctionnel : offrir une solution de rechange acceptable pour les classes moyennes supérieures, les cadres urbains et les électeurs européistes inquiets de la montée du RN, tout en empêchant une rupture réelle avec le capitalisme néolibéral.

Dans ce jeu de dupes, les néoconservateurs assurent leurs arrières. Si le bloc central venait à s’effriter, une gauche recomposée, pro-européenne, atlantiste et sociale-libérale serait prête à prendre le relais. Une gauche qui parle d’éthique, de valeurs et de morale internationale, mais se tait sur le logement, la désindustrialisation, la pauvreté de masse, la casse des services publics et la dépossession démocratique.

Ainsi, sous couvert de renouveau, c’est bien le vieux monde qui revient. Plus policé, plus jeune, plus médiatiquement fréquentable, mais toujours aussi éloigné des aspirations populaires. Une gauche de substitution, destinée non pas à gagner, mais à empêcher que d’autres gagnent.

 

Nicolas Maxime

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