Je n’ai pas de parcours universitaire classique, je suis autodidacte. Je suis devenu critique du néolibéralisme, de ses effets économiques, sociaux et culturels. Mes références actuelles sont Emmanuel Todd, René Girard, Jean-Claude Michéa, Dany-Robert Dufour, Bernard Friot, Frédéric Lordon, David Cayla, Coralie Delaume, David Graeber, Michel Feher, Naomi Klein...
Dans l'Occident en phase terminale, on peut se faire élire député de la macronie avant de soutenir Zemmour puis d'annoncer sa transition de genre. Bientôt, au train où vont les choses, Marguerite Stern, l'ex-Femen aux cheveux verts devenue identitaire de droite, nous annoncera sa conversion à l'islam. C'est le symptôme d'une bourgeoisie autocentrée, insensible aux véritables problèmes — mal-logement, pauvreté, guerres, déclassement — et fascinée par ses propres métamorphoses. Tout devient affaire de posture, de récit personnel, de provocation et de visibilité médiatique. La politique n'est plus qu’une succession de costumes idéologiques permettant à chacun de rester au centre de l'attention.
Le parcours de Joachim Son-Forget, élu sous l'étiquette macroniste en 2017, passé ensuite par Reconquête et devenu Eva Son-Forget après sa transition de genre, ressemble à une caricature de cette époque où les frontières politiques, identitaires et médiatiques semblent se brouiller à toute vitesse.
Reste à savoir quelle sera la prochaine mue. Un nouveau parti ? Une nouvelle identité politique ? Une nouvelle croisade ? Dans cette grande foire aux reconversions, on aurait presque envie de sortir les popcorns. Le spectacle continue, pendant que les problèmes, eux, restent désespérément les mêmes. On attend la suite avec impatience.
Nicolas Maxime