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Je n’ai pas de parcours universitaire classique, je suis autodidacte. Je suis devenu critique du néolibéralisme, de ses effets économiques, sociaux et culturels. Mes références actuelles sont Emmanuel Todd, René Girard, Jean-Claude Michéa, Dany-Robert Dufour, Bernard Friot, Frédéric Lordon, David Cayla, Coralie Delaume, David Graeber, Michel Feher, Naomi Klein...

Un peuple que l'on affame et que l'on tue en silence

Peu importe qu’on débatte encore pour savoir s’il s’agit d’un nettoyage ethnique, d’un crime contre l’humanité ou d’un génocide. Ce qui se joue sous nos yeux, à Gaza comme en Cisjordanie, c’est l’anéantissement programmé d’un peuple. La population palestinienne est soumise à des violences massives, à la privation de ressources essentielles et à des déplacements forcés, orchestrés par un gouvernement israélien qui revendique ouvertement des objectifs d’une radicalité inédite.

Au moment où ces lignes sont rédigées, des milliers d’enfants ont perdu la vie sous les bombardements, des familles entières ont été exterminées, et les infrastructures vitales, telles que les hôpitaux, sont à l’arrêt tandis que les ambulances et le personnel médical font l’objet d’attaques directes. Les journalistes, quant à eux, sont pris pour cible et tués dans l’exercice de leur mission d’information. L’aide humanitaire se voit systématiquement bloquée ou détruite, et les civils, piégés dans un territoire assiégé, se trouvent privés d’accès à l’eau, aux soins et à la nourriture, la famine étant employée de manière délibérée comme instrument de guerre.

Il est révélateur que le ministre israélien du Patrimoine ait publiquement déclaré qu’il convenait de « bombarder l’aide humanitaire et d’affamer les Gazaouis », déclaration qui ne suscite ni indignation parmi ses pairs ni réprobation chez ses alliés. Sous la direction de Benyamin Netanyahu, le gouvernement israélien ne se limite plus à la destruction matérielle de Gaza, mais étend désormais ses opérations à la Cisjordanie, où même les diplomates étrangers sont exposés à des attaques. Le projet politique est assumé ouvertement : il s’agit de déplacer la population palestinienne par la force, quel qu’en soit le coût.

Derrière les ruines, se dessine un projet structurel, fondé sur des logiques capitalistes, coloniales et racistes : il ne s’agit pas de reconstruire un espace de coexistence et de paix, mais de créer, sur les cendres de Gaza, un territoire réservé à ceux que le pouvoir en place estime légitimes à exister entre le Jourdain et la Méditerranée. L’occupation se mue ainsi en annexion, et la punition collective devient un instrument de politique d’État.

Lorsque des dirigeants occidentaux osent formuler des critiques à l’égard de cet engrenage, la réponse de Netanyahu consiste à les accuser de complicité avec le Hamas, de soutien au terrorisme, voire d’antisémitisme. Cette instrumentalisation cynique de l’antisémitisme vise à interdire toute contestation et à réduire au silence toute voix qui s’efforce de nommer les faits. Il s’agit là d’une offense à la mémoire de la Shoah et à la lutte légitime contre l’antisémitisme, lutte qui mérite d’être menée avec sérieux et sans être détournée à des fins diplomatiques ou politiques. Il est impératif de rappeler que s’opposer aux actes criminels du gouvernement israélien ne constitue en aucun cas un acte antisémite.

Un jour viendra où notre silence et notre complicité seront jugés, où l’on interrogera notre refus de suspendre les accords commerciaux et notre passivité face à un gouvernement qui foule au pied le droit international. Il faudra alors reconnaître ce que nous avons laissé se produire, ce que nous avons toléré et, dans certains cas, soutenu.

Cependant, il reste encore aujourd’hui un espace d’action : il est possible de dénoncer, de parler et de s’opposer à ces politiques meurtrières.

À Gaza, on affame et on tue.

 

Nicolas Maxime

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