Je n’ai pas de parcours universitaire classique, je suis autodidacte. Je suis devenu critique du néolibéralisme, de ses effets économiques, sociaux et culturels. Mes références actuelles sont Emmanuel Todd, René Girard, Jean-Claude Michéa, Dany-Robert Dufour, Bernard Friot, Frédéric Lordon, David Cayla, Coralie Delaume, David Graeber, Michel Feher, Naomi Klein...
Dans le langage commun, le dividende est présenté comme un revenu versé aux actionnaires d’une entreprise. En réalité, il s’agit d’un surplus de la production de l’entreprise, d’un prélèvement sur le travail des salariés. Le dividende ne rémunère aucun travail, ni aucune production directe : il rémunère un détenteur de capital, pour le simple fait d’avoir investi ou de posséder un droit sur l’entreprise.
Il faut rappeler à toutes fins utiles que les groupes du CAC 40 ont versé un montant record de près de 100 milliards d’euros à leurs actionnaires[1]. La priorité n'est plus d'augmenter les salaires mais de rémunérer le Capital sous la forme de rachats d’actions et de dividendes.
Le dividende est un impôt privé sur la production. Il sert à nourrir la rente, c’est un prélèvement parasitaire sur la richesse produite collectivement. À travers le système des rachats d’actions, il prend même une forme autoréalisatrice puisque l’entreprise rachète ses propres titres pour en augmenter artificiellement la valeur, gonflant ainsi les revenus des actionnaires sans création de valeur réelle.
Comme le montre l’affaire CumCum — où des milliards d’euros ont été soustraits aux finances publiques via des montages autour des dividendes —, le capitalisme financiarisé ne peut que générer ce genre de dérives.
Selon Bernard Friot, la propriété lucrative permet de tirer un revenu de son patrimoine en tant que propriétaire — plus-values, loyers, dividendes, taux d’intérêt, etc. Ce droit s’exerce nécessairement en ponctionnant la valeur que d’autres produisent, puisque seul le travail produit de la valeur[2].
La solution n’est donc pas de simplement taxer ce prélèvement privé, comme le propose timidement la gauche, mais d’en sortir. Cela implique de rompre avec la propriété lucrative et d’ouvrir la voie à une propriété collective et/ou d’usage, adossée à une socialisation de l’investissement à travers une caisse dédiée, capable de financer l’économie sans enrichir les rentiers[3].
Car le véritable enjeu est d'obtenir la souveraineté populaire sur le travail.
Nicolas Maxime