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Je n’ai pas de parcours universitaire classique, je suis autodidacte. Je suis devenu critique du néolibéralisme, de ses effets économiques, sociaux et culturels. Mes références actuelles sont Emmanuel Todd, René Girard, Jean-Claude Michéa, Dany-Robert Dufour, Bernard Friot, Frédéric Lordon, David Cayla, Coralie Delaume, David Graeber, Michel Feher, Naomi Klein...

Néoconservatisme et néolibéralisme : entre Droit et Marché

C’est faux de dire que les néoconservateurs n’en ont rien à faire du Droit. En réalité, les néoconservateurs érigent la morale en droit supérieur, au nom des Droits de l’Homme. S’ils s’assoient sur le droit international, ce n’est pas par mépris du Droit en tant que tel, mais parce qu’ils entendent imposer leur propre vision idéalisée du Droit. Dans cette logique, ils justifient l’intervention extérieure et l’ingérence au nom du rétablissement de la démocratie.

D’une certaine manière, on peut les comparer à leurs cousins néolibéraux, pour lesquels l’État devient le garant de l’équilibre du marché. Ici, le mécanisme est similaire puisque le Droit est conçu comme garant de la morale. On peut d’ailleurs y voir l’articulation du Marché et du Droit comme les deux jambes d’un même projet, ainsi que l’a souligné Jean-Claude Michéa[1].

La figure qui a sans doute le mieux incarné cette articulation entre néoconservatisme et néolibéralisme reste, sans conteste, la « Dame de fer », notamment à travers l’intervention aux Malouines. Quant à Trump, il se soucie probablement peu de ces considérations idéologiques car c'est un opportuniste sans vergogne, qui n’obéit qu’aux faucons néoconservateurs de Washington et aux intérêts des entreprises pétrolières américaines. Car au-delà du discours, il y a évidemment les intérêts économiques très concrets visant à récupérer pleinement ces ressources ou à empêcher leurs adversaires (Chine, Russie…) d’en prendre le contrôle, comme l’a déclaré Marco Rubio. C’est ainsi que l’on comprend l’articulation entre le néoconservatisme et le néolibéralisme, entre le Droit et le Marché.

 

Nicolas Maxime


[1] Jean-Claude Michéa, L’Empire du moindre mal, Climats, 2007.

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