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Je n’ai pas de parcours universitaire classique, je suis autodidacte. Je suis devenu critique du néolibéralisme, de ses effets économiques, sociaux et culturels. Mes références actuelles sont Emmanuel Todd, René Girard, Jean-Claude Michéa, Dany-Robert Dufour, Bernard Friot, Frédéric Lordon, David Cayla, Coralie Delaume, David Graeber, Michel Feher, Naomi Klein...

Recul de l’âge de la retraite : une réforme socialement aveugle

Emmanuel Macron, Valérie Pécresse et Éric Zemmour proposent de reculer l’âge légal de départ à la retraite à 65 ans alors que :

  • 25 % des plus pauvres de la population sont déjà décédés à 62 ans[1].
  • Une partie importante de celles et ceux qui ont survécu n’exercent déjà plus d’activité, car ils sont au chômage ou en arrêt maladie[2].
  • Les chances de retrouver un emploi après 55 ans sont faibles : le chômage touche davantage cette catégorie de la population[3].
  • Il existe déjà près de 6 millions de demandeurs d’emploi, notamment parmi les jeunes, qui auraient encore moins de perspectives d’insertion sur le marché du travail[4].

Bref, soit les responsables politiques néolibéraux ne comprennent rien à l’économie et au fonctionnement réel du marché du travail, soit ils savent très bien ce qu’ils font et assument de faire travailler plus longtemps les populations les plus fragiles. Il ne faut pas oublier que ce sont les mêmes gouvernements qui ont abaissé, durant des années, les cotisations patronales, ce qui a mécaniquement réduit les ressources des caisses de retraite, avant de donner aujourd’hui des leçons de financement.

Au lieu de vouloir reculer sans cesse l’âge de départ à la retraite, il faudrait absolument faire l’inverse, soit abaisser l’âge de la retraite, soit permettre à ceux qui ont eu des métiers pénibles de partir beaucoup plus tôt.

 

Nicolas Maxime


[1] INSEE – Espérance de vie par niveau de vie : les hommes parmi les 5 % les plus modestes vivent en moyenne jusqu’à environ 72 ans, contre environ 85 ans pour les 5 % les plus riches, ce qui signifie que chez les hommes les plus pauvres, une part importante n’atteint pas l’âge légal de retraite (ces espérances de vie sont estimées selon les conditions de mortalité récentes).

[2] INSEE – En 2021, une personne de 55 à 69 ans sur six était ni en emploi ni à la retraite, ce qui inclut des personnes au chômage ou inactives.

[3] DARES – Tableau de bord Seniors (données 2020) : en 2020, le taux d’emploi des 55‑64 ans était de 53,8 % en France (taux d’emploi global pour cette classe d’âge, observé sur l’année), comparé à des taux nettement plus élevés pour les tranches d’âge plus jeunes, ce qui reflète des difficultés d’accès ou de maintien dans l’emploi pour les seniors avant 64 ans.

[4] DARES – Demandeurs d’emploi inscrits à Pôle emploi au 3 trimestre 2021 : en moyenne, 5 871 200 personnes inscrites en catégories A, B et C (sans emploi ou avec activité réduite) étaient inscrites à Pôle emploi en France métropolitaine au 3 trimestre 2021, traduisant une situation de chômage étendue avant la reprise complète du marché du travail.

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