Je n’ai pas de parcours universitaire classique, je suis autodidacte. Je suis devenu critique du néolibéralisme, de ses effets économiques, sociaux et culturels. Mes références actuelles sont Emmanuel Todd, René Girard, Jean-Claude Michéa, Dany-Robert Dufour, Bernard Friot, Frédéric Lordon, David Cayla, Coralie Delaume, David Graeber, Michel Feher, Naomi Klein...
Voilà ce qui expliquent pourquoi les pays Scandinaves dépensent plus que les autres (le cas de la France est à part à cause de son régime monarco-républicain).
En 1872, dans son Lehrbuch der politischen Ökonomie (Fondements de l’économie politique), Adolph Wagner explique que « plus la société se civilise, plus l’État est dispendieux » (un principe aujourd'hui connu sous le nom de loi de Wagner)[1], ce qui signifie que la part des dépenses publiques dans le PIB augmente avec le revenu par tête.
À ses yeux, l’augmentation des dépenses publiques s’explique par l’apparition de deux catégories de nouveaux besoins : plus l’économie se développe, plus l’État doit investir en infrastructures publiques et, d’autre part, plus le niveau de vie de la population augmente, plus celle-ci accroît sa consommation de biens dits supérieurs, comme les loisirs, la culture, l’éducation, la santé… qui sont des biens dont l'élasticité-revenu est supérieure à 1. En d’autres termes, la consommation de ces biens augmente plus vite que le revenu de la population.
Cela permet de comprendre pourquoi les pays scandinaves, caractérisés par un haut niveau de développement économique consacrent une part importante de leur richesse nationale aux services publics, à la protection sociale et à l’investissement collectif. L’élévation du niveau de vie s’accompagne ainsi d’attentes plus élevées en matière d’éducation, de santé, de culture, ce qui se traduit par une intervention publique plus forte dans ces domaines. Il ne s’agit donc pas d’un excès idéologique, mais tout simplement d’une évolution liée au développement économique et à la transformation des besoins sociaux.
Nicolas Maxime
[1] Adolph Wagner, Lehrbuch der politischen Ökonomie, 1872.