Je n’ai pas de parcours universitaire classique, je suis autodidacte. Je suis devenu critique du néolibéralisme, de ses effets économiques, sociaux et culturels. Mes références actuelles sont Emmanuel Todd, René Girard, Jean-Claude Michéa, Dany-Robert Dufour, Bernard Friot, Frédéric Lordon, David Cayla, Coralie Delaume, David Graeber, Michel Feher, Naomi Klein...
Le discours du Président de la République était convenu et confus. Mis à part de rappeler ce qui a été fait par le gouvernement pendant la crise et d’annoncer le déconfinement total, rien de concret n’a été annoncé.
Pour la reprise économique, Emmanuel Macron demande à ce que nous nous remettions au travail. Est-ce que le temps de travail va augmenter ou diminuer ? Aucune indication n’a été donnée sur l’orientation choisie, ni sur les conséquences sociales d’une éventuelle intensification du travail dans un contexte déjà marqué par la précarité et le chômage partiel.
Le président a également parlé de ce fameux Ségur de la Santé. Va-t-il augmenter durablement les moyens des soignants ou, au contraire, accélérer la privatisation du système de santé ? Comment vont être revalorisées les rémunérations des soignants ? Vont-ils devoir travailler plus pour gagner à peine davantage ? Là encore, les annonces sont restées vagues et sans calendrier précis.
Sur la transition écologique et la relocalisation des moyens de production, rien n’a été véritablement dessiné : le propos était flou et relevait davantage de l’effet d’annonce que d’un plan structuré. Aucune trajectoire claire n’a été présentée concernant l’industrie, l’agriculture ou l’indépendance énergétique.
Pour les plus précaires, Emmanuel Macron a semblé vouloir plus de solidarité, mais renoncera-t-il réellement à des réformes antisociales comme celles de l’assurance chômage ou du revenu universel d’activité ? Aucun engagement ferme n’a été pris.
Enfin, concernant les forces de l’ordre, le soutien affiché était attendu, mais il aurait fallu également condamner explicitement le racisme en leur sein, inadmissible pour cette profession et préjudiciable à l’image de ceux qui exercent leur métier avec sérieux et professionnalisme. Pas un mot non plus sur les quartiers populaires, qui demeurent largement absents du discours politique national.
En définitive, ce discours n’a apporté ni cap clair, ni réponses précises aux interrogations sociales, économiques et démocratiques soulevées par la crise. Il a surtout renforcé le sentiment d’un décalage persistant entre les attentes de la population et la parole présidentielle.
Nicolas Maxime