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Je n’ai pas de parcours universitaire classique, je suis autodidacte. Je suis devenu critique du néolibéralisme, de ses effets économiques, sociaux et culturels. Mes références actuelles sont Emmanuel Todd, René Girard, Jean-Claude Michéa, Dany-Robert Dufour, Bernard Friot, Frédéric Lordon, David Cayla, Coralie Delaume, David Graeber, Michel Feher, Naomi Klein...

Vers une américanisation de l’université française ?

Et voilà, il fallait s’en douter. Emmanuel Macron, fidèle à son logiciel néolibéral, se dirige vers une américanisation de l’université. Fini l’université quasi gratuite et accessible à tous. Demain, les étudiants venant de familles précaires devront s’endetter jusqu’à la fin de leur vie pour faire des études. Même aux États-Unis, les Démocrates, pourtant peu enclins à rompre avec le libéralisme économique, remettent en cause ce système pervers qui a produit un endettement massif des étudiants et contribué à la formation de bulles spéculatives sur les marchés financiers. Mais en bon ancien banquier d’affaires, il faut bien honorer les priorités d’un modèle fondé sur la rentabilité à court terme.

Cette orientation s’inscrit dans une transformation déjà à l’œuvre : hausse des frais d’inscription pour les étudiants extra-européens, mise en concurrence des universités, place croissante donnée aux financements privés et remise en cause progressive de l’idée que le savoir doit rester accessible à tous.

Les exemples étrangers devraient pourtant nous alerter. Dans les pays où l’enseignement supérieur fonctionne largement sur le modèle du marché, la dette étudiante devient un poids qui accompagne les jeunes pendant des années. Elle retarde l’accès au logement, pousse certains à abandonner des métiers pourtant indispensables mais moins rémunérés, et contribue à renforcer les inégalités entre ceux qui peuvent se permettre de longues études et ceux qui doivent y renoncer.

À force de considérer l’université comme un investissement rentable plutôt que comme un bien commun, on prend le risque de perdre de vue sa mission essentielle : former des citoyens, produire des connaissances et permettre à chacun de s’émanciper, quelle que soit son origine sociale.

 

Nicolas Maxime

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