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Je n’ai pas de parcours universitaire classique, je suis autodidacte. Je suis devenu critique du néolibéralisme, de ses effets économiques, sociaux et culturels. Mes références actuelles sont Emmanuel Todd, René Girard, Jean-Claude Michéa, Dany-Robert Dufour, Bernard Friot, Frédéric Lordon, David Cayla, Coralie Delaume, David Graeber, Michel Feher, Naomi Klein...

Réforme des retraites : une réforme dictée par Bruxelles et les marchés financiers

Il faudrait être complètement naïf pour ne pas voir que cette réforme des retraites constitue une recommandation de l’Union européenne, elle-même largement alignée sur les attentes des marchés financiers.

En effet, la réforme du système des retraites figure explicitement parmi les « recommandations spécifiques par pays » adressées par le Conseil de l’Union européenne aux États membres. Dans le programme de stabilité[1] présenté par le gouvernement français à Bruxelles, il est clairement indiqué que « la maîtrise des dépenses publiques repose principalement sur des réformes structurelles, la réforme des retraites notamment ».

La parenthèse budgétaire ouverte durant la crise sanitaire est désormais refermée. L’Union européenne revient aux vieilles recettes ordolibérales qui ont fait la preuve de leur inefficacité : réduction des déficits publics et compression des dépenses sociales.

Ce qui mobilise avant tout ce gouvernement, devenu un simple prestataire de services de l’Union européenne et des marchés financiers, c’est la crainte de ne plus pouvoir emprunter aussi facilement ou de voir les taux obligataires augmenter rapidement en raison d’une éventuelle dégradation de la note souveraine de la France. Ne pouvant plus recourir à d’autres leviers, comme l’autofinancement via sa propre banque centrale — strictement interdit par les traités européens — la France se retrouve structurellement dépendante des marchés financiers. Dans ces conditions, cette pseudo-réforme vise avant tout à rassurer les investisseurs et à préparer le terrain à une montée en puissance de la capitalisation.

L’objectif à long terme est clair : rogner progressivement sur les droits et sur le niveau des pensions afin d’ouvrir la voie aux fonds de pension. Le véritable but n’est pas de sauver le système de retraite par répartition — cet argument relève du pur élément de langage — mais bien d’organiser, à terme, la privatisation des retraites, tout comme celle de la santé et de l’éducation. Grâce à Macron et au gouvernement, le plan des marchés financiers se déroule toujours sans accroc.

 

Nicolas Maxime

 


[1] Gouvernement français, Programme de stabilité 2022-2027, transmis à la Commission européenne (2022).

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