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Je n’ai pas de parcours universitaire classique, je suis autodidacte. Je suis devenu critique du néolibéralisme, de ses effets économiques, sociaux et culturels. Mes références actuelles sont Emmanuel Todd, René Girard, Jean-Claude Michéa, Dany-Robert Dufour, Bernard Friot, Frédéric Lordon, David Cayla, Coralie Delaume, David Graeber, Michel Feher, Naomi Klein...

Travailler autrement pour vivre mieux

Il existe bien d'autres alternatives aux réformes de l'assurance chômage et des retraites. L'une d'entre elles serait de repenser la question du partage du temps de travail. D'habitude, lorsqu'on évoque cette question, on pense tout de suite à une réduction du temps de travail hebdomadaire comme les 32 heures ou la semaine de quatre jours. Cependant, cette réduction du temps de travail hebdomadaire fait de moins en moins sens à l'heure du développement du télétravail et de la micro-entreprise. On pourrait ainsi penser cette réduction du temps de travail sur l'ensemble de la carrière en accordant un congé sabbatique d'un an tous les dix ans à chaque actif, qu'il soit salarié du privé ou du public ou qu'il soit indépendant. Pourquoi attendre 60, 62 ou pire 65 ans pour se reposer ? D'autant plus que cette période d'un an pourrait permettre à tous ceux qui le souhaitent de faire une formation, de reprendre des études, de créer une entreprise, de s'occuper de ses enfants, de participer à un projet associatif ou humanitaire, de partir à l'étranger..., et ce, sans prendre de risques financiers puisqu'on serait rémunéré.

En effet, de nombreux salariés aimeraient pouvoir prendre une année de césure mais ne peuvent pas se le permettre pour des raisons financières. Il existe déjà des dispositifs comme le CPF permettant de prendre un congé lié à une formation qualifiante mais les crédits sont limités et très peu de salariés peuvent en bénéficier[1]. Ce congé sabbatique rémunéré présente de nombreux avantages : libérer la créativité des salariés, éviter l'épuisement professionnel, permettre à chacun de faire une pause dans sa carrière, créer des emplois, les salariés en congé étant remplacés par des chômeurs... Une utopie ou une idée stupide ? Il faut regarder du côté des pays scandinaves, plus exactement au Danemark et en Finlande où il existe des dispositifs quasi similaires. Au Danemark, chaque salarié peut prendre au moins une fois dans sa vie congé de formation et est automatiquement remplacé par un chômeur préalablement formé. Le salarié perçoit l'équivalent de l'indemnité chômage, ce système s'appelle le Job Rotation[2]. La même chose existe en Finlande sous le nom de Job Alternation Leave qui s'apparente plus à un congé sabbatique rémunéré sans obligation de formation[3]. Quant au financement, une partie serait assurée par la réaffectation des allocations chômage de ceux qui remplaceraient les « alternants ». Pour assurer la budgétisation, on pourrait soit augmenter les cotisations chômage ou créer une cotisation sociale sur l'ensemble de la valeur ajoutée.

Oui, il existe de nombreuses alternatives à la politique antisociale d'Emmanuel Macron qui permettrait à la fois de réduire le chômage et à tous les travailleurs de gagner en qualité de vie.

 

Nicolas Maxime


[1] Le Compte Personnel de Formation (CPF) est un dispositif qui permet à tous les actifs — salariés du privé, demandeurs d’emploi, travailleurs indépendants — d’acquérir des droits à la formation mobilisables tout au long de la vie professionnelle pour suivre des formations qualifiantes ou certifiantes. Ces droits sont exprimés en euros et non en heures depuis 2019, et s’accumulent tant que l’actif travaille.

[2] Job rotation (Danemark) : politique active de l’emploi par lequel lorsqu’un salarié fait une formation continue, un chômeur est embauché comme remplaçant temporaire, permettant d’allier formation des actifs et expérience professionnelle des demandeurs d’emploi dans l’entreprise.

[3] Job alternation leave (Finlande) : dispositif de congé négocié avec l’employeur pour une durée déterminée (généralement de 100 à 180 jours), pendant lequel le salarié reçoit une allocation d’environ 70 % de l’allocation chômage et l’employeur embauche un chômeur comme remplaçant pour la période concernée.

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