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Je n’ai pas de parcours universitaire classique, je suis autodidacte. Je suis devenu critique du néolibéralisme, de ses effets économiques, sociaux et culturels. Mes références actuelles sont Emmanuel Todd, René Girard, Jean-Claude Michéa, Dany-Robert Dufour, Bernard Friot, Frédéric Lordon, David Cayla, Coralie Delaume, David Graeber, Michel Feher, Naomi Klein...

L'Europe de la soumission

Le 27 juillet 2025, l’Union Européenne, représentée par Ursula Von Leyen, a signé un accord commercial avec les Etats-Unis de Donald Trump. Cet accord, imposant des droits de douane de 15 % sur les exportations européennes, incarne à nouveau une Union européenne impuissante et incapable de défendre nos intérêts face à un partenaire qui, sous couvert de négociations, impose ses règles comme il l’entend. Il s'agit d'une forme de soumission économique de l’UE face au protectionnisme de l’administration Trump.

Non seulement l’UE a accepté un tarif unique de 15 % sur la quasi-totalité de ses exportations vers les États-Unis — même si ce taux reste inférieur à la menace évoquée de 30 % —, mais s’est engagée à acheter pour 750 milliards de dollars d’énergie américaine et à investir 600 milliards aux États-Unis (!!!)[1], des concessions colossales qui vont profiter avant tout à l’économie américaine. En somme, les pays européens paieront plus cher pour exporter, achèteront davantage à prix fort, ce qui aura un impact négatif sur leur déficit commercial et in fine, sur leur économie.

L’Union européenne s’était déjà alignée sur les positions américaines en matière de défense et d’énergie, tout en restant totalement dépourvue de stratégie face à la domination de la Silicon Valley dans le numérique. Ce nouvel accord ne fait qu'entériner la soumission de l’Europe vis-à-vis des Etats-Unis.

Mais cette Europe de la soumission n’est pas le fruit du hasard. Si Donald Trump peut imposer brutalement ses règles, c’est parce que l’Union européenne n’est pas un projet de coopération entre nations souveraines, mais une zone économique d’intégration néolibérale au service des marchés et des multinationales. Dans ce cas de figure, il est tout à fait logique que les Etats-Unis soient les grands gagnants de cet accord à sens unique.

Nicolas Maxime

 

[1] Droits de douane : “L’accord entre les États-Unis et l’UE apporte une stabilité temporaire mais est déséquilibré”, affirme le ministre chargé de l’Europe, Le Monde, 28 juillet 2025.

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