Je n’ai pas de parcours universitaire classique, je suis autodidacte. Je suis devenu critique du néolibéralisme, de ses effets économiques, sociaux et culturels. Mes références actuelles sont Emmanuel Todd, René Girard, Jean-Claude Michéa, Dany-Robert Dufour, Bernard Friot, Frédéric Lordon, David Cayla, Coralie Delaume, David Graeber, Michel Feher, Naomi Klein...
Voilà qu'on nous ressort encore le fameux catéchisme néolibéral sur les dépenses publiques et la dette publique qui seraient trop élevées.
Le PIB étant toujours en augmentation cette année (+0.8 %) ainsi que les profits démesurés du CAC 40 : 150 milliards d'euros (!!!)[1], il n'y aucune raison pour baisser les pensions et les prestations sociales ni même à augmenter les impôts.
Je passe également sur l'argument « Il faut travailler plus ». Travailler plus sans accroissement au préalable de l'activité consiste à croire que l'offre crée sa propre demande.
La dette publique est toujours soutenable du moment qu'un Etat peut la faire rouler, c'est à dire la renouveler indéfiniment du moment qu'il a la capacité de mobiliser l'appareil productif et ainsi susciter des recettes fiscales supplémentaires.
De même, l'Etat dispose (ce qui n'est plus le cas de la France dans le cadre des traités européens malheureusement) d'une banque centrale lui permettant, s'il le faut, de monétiser la dette publique, ce qui est déjà le cas en partie puisque la Banque de France est détentrice du quart de la dette publique, c'est à dire que l'Etat se rembourse une dette à lui-même.
Le problème vient surtout de la domination des institutions financières (banques d'affaires, banques centrales, places boursières...) qui ont institué un monopole de l'endettement public, les États ayant interdiction de créer de la monnaie ou même d'emprunter auprès de leur propre banque centrale.
La dette publique est rarement un problème sauf quand les Etats n'arrivent plus à tirer des ressources fiscales ou lorsqu'il y a un effondrement du système monétaire, l'Etat doit alors faire défaut, ce qui n'est pas le cas de la France.
Voilà ce que disait Keynes à ce sujet et dont vous pouvez répéter la citation aux télévangélistes du néolibéralisme pour démonter leurs arguments fallacieux sur la faillite de la France : « Les dépenses publiques ne sont pas financièrement contraintes. Elles ne le sont que par la disponibilité des ressources réelles ». = « Anything we can actually do, we can afford ». (Keynes, 1942).[2]
Nicolas Maxime