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Je n’ai pas de parcours universitaire classique, je suis autodidacte. Je suis devenu critique du néolibéralisme, de ses effets économiques, sociaux et culturels. Mes références actuelles sont Emmanuel Todd, René Girard, Jean-Claude Michéa, Dany-Robert Dufour, Bernard Friot, Frédéric Lordon, David Cayla, Coralie Delaume, David Graeber, Michel Feher, Naomi Klein...

S'extraire des marchés financiers pour sortir du capitalisme néolibéral

Dès lors qu’on parle d’argent magique, comme l’a fait Jordan Bardella, on se heurte à une limite de pensée — Le RN n’est-il pas au fond une excroissance identitaire de Renaissance ? — Car oui, l’argent est magique par définition.

Cependant, il ne s’agit pas de pensée magique. C’est au contraire la description normative de l’économie monétaire car un État souverain qui contrôle sa devise peut toujours créer de la monnaie. Autant qu'il le souhaite. La seule limite réelle est l’inflation, qui n’apparaît qu’au moment où les capacités productives — ressources naturelles, technologiques et humaines — ont été atteintes. C’est précisément ce qu’explique la MMT (Théorie Monétaire Moderne), que l’on retrouve développée dans les analyses très enrichissantes de Robert Cauneau[1].

Si aujourd’hui l’État s’endette auprès des marchés financiers, c’est parce que nous avons fait le choix politique d’organiser cette dépendance. Résultat des courses : nous nous retrouvons piégés dans l’écueil actuel, avec des marchés financiers, via des taux d’intérêt à 4,5 %[2], qui nous font croire que la fête est finie et qu'il va falloir faire des efforts pour rembourser la DETTE. Mais cette dette, dans le cadre actuel, devient un cercle vicieux car plus l’État emprunte sur les marchés, plus il nourrit la rente financière, et plus il est soumis à la contrainte des créanciers. Les efforts demandés au nom du remboursement ne servent pas à financer le bien commun mais à assurer des flux d’intérêts constants aux détenteurs de capitaux. Autrement dit, il s’agit d’un mécanisme dont le but implicite est d’enrichir encore davantage les rentiers, les fonds d’investissement et les banques, tout en appauvrissant la collectivité par l’austérité et la compression des dépenses publiques.

Ainsi, la dette publique devient une machine à transferts inversés car l’argent des contribuables et des travailleurs finance la rente des plus riches.

En vérité, nous n’aurions pas besoin de passer par eux. Comme l’a montré David Graeber dans Dette. 5000 ans d’histoire[3], l’endettement est moins une nécessité qu’une construction sociale et politique, servant trop souvent d’instrument de soumission.

De même, nos entreprises n’ont pas besoin des marchés financiers pour se développer. Nous pourrions organiser des financements socialisés via une caisse d’investissement, comme l’a proposé Bernard Friot[4], permettant d'apporter des subventions et des crédits de long terme, au lieu d’abandonner nos investissements productifs à la Bourse.

En somme, s'extraire des marchés financiers, c’est sortir du capitalisme, au sens où celui-ci est corrélé au capitalisme financier. Cela nous permettrait de retrouver notre liberté collective en tant que peuple souverain et réorienter la monnaie comme le crédit vers les besoins sociaux et écologiques.

 

Nicolas Maxime


[1] Robert Cauneau, Présentation de la Monnaie Moderne – MMT, MMT France, 16 février 2019, https://mmt-france.org/2019/02/16/presentation-de-la-monnaie-moderne-mmt/.

[2] « Le coût de la dette française a atteint la barre des 4,5 % pour la première fois depuis 2009 », BFMTV, 4 septembre 2025, https://www.bfmtv.com/economie/video-le-cout-de-la-dette-francaise-a-a-atteint-la-barre-des-4-5-pour-la-premiere-fois-depuis-2009_VN-202509040374.html.

[3] David Graeber, La Dette : 5 000 ans d’histoire, Les liens qui libèrent, 2011.

[4] Bernard Friot, Le travail, enjeu des retraites, La Dispute, 2019.

 

 
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