Overblog Tous les blogs Top blogs Politique Tous les blogs Politique
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Je n’ai pas de parcours universitaire classique, je suis autodidacte. Je suis devenu critique du néolibéralisme, de ses effets économiques, sociaux et culturels. Mes références actuelles sont Emmanuel Todd, René Girard, Jean-Claude Michéa, Dany-Robert Dufour, Bernard Friot, Frédéric Lordon, David Cayla, Coralie Delaume, David Graeber, Michel Feher, Naomi Klein...

Un autre État pour une autre démocratie

Si le discours libertarien séduit de plus en plus — même s’il peine encore à trouver de véritables relais dans une France structurée autour d’un modèle familial nucléaire et relativement égalitaire — c’est parce que la gauche n’a plus de réponses crédibles à lui opposer. Aujourd’hui, elle est perçue avant tout comme étatiste et centrée sur la redistribution — la fameuse taxation des riches et augmentation des aides sociales. Une partie des classes populaires et moyennes nourrit le sentiment — justifié ou non — d’être continuellement celles qui paient, alors que les services publics se dégradent et que les aides sociales semblent bénéficier toujours aux mêmes. Ce sentiment alimente un profond ressentiment et ouvre un boulevard au producérisme[1] qui désigne des parasites supposés profiter du système : en bas, les bénéficiaires du RSA, les chômeurs, les migrants ; mais aussi, de plus en plus, les fonctionnaires ou les retraités.

À cela que la gauche s'implique davantage dans des luttes symboliques et morales, jusqu'à prétendre désormais régenter jusqu’aux choix de vie ou de mort — ce que Michéa qualifie, à juste titre, de libéralisme culturel[2]. On pourrait qualifier de social-démocratie zombie cette gauche du Capital, incapable de proposer autre chose qu’une gestion plus sociale d’un système profondément inégalitaire. Cela a contribué à éloigner une partie de la population, qui ne se retrouve plus dans cette approche, et à ouvrir un espace pour le discours libertarien. Celui-ci, on le sait, ne prône pas vraiment moins d’État, mais bien moins d’État social, tout en renforçant, l’État dans ses fonctions régaliennes et de contrôle de la population.

Une véritable gauche, renouant avec l’émancipation collective et le marxisme, pourrait proposer une alternative : non pas un moins d’État, mais un autre État. Cela ne signifierait pas une Union européenne dont il faudrait nécessairement sortir, ni même le retour à un État Nation centralisé, mais cela pourrait passer par une organisation fédérative, à l’image du municipalisme de Murray Bookchin[3], avec une confédération de communes auto-organisées. De même, il ne s’agirait pas de plus d’État-providence financé par davantage d’impôts, mais d’une socialisation réelle des moyens de production et de l’extension d’un salaire socialisé bénéficiant à tous les actifs.

À cette réorganisation économique et sociale devrait s’ajouter une refondation démocratique. Non plus une démocratie purement représentative, qui a montré ses limites, mais une démocratie directe : référendums d’initiative citoyenne (RIC), tirage au sort de citoyens pour siéger dans des assemblées délibératives, ou encore démocratie délégative, où les mandats sont révocables et sous contrôle permanent de la base.

En somme, il s’agit de refonder un horizon collectif d’émancipation et de solidarité, où la maîtrise de la production et du travail prime sur le capital, afin de garantir l’égalité sociale et la souveraineté sous toutes ses formes : nationale, populaire, économique et sociale.

Nicolas Maxime

 

[1] Michel Feher, Producteurs et parasites : L’imaginaire si désirable du Rassemblement national, La Découverte, 2024.

[2] Jean-Claude Michéa, L’Empire du Moindre Mal, Essai sur la civilisation libérale, Flammarion, 2007.

[3] Murray Bookchin, Pour un municipalisme libertaire, Atelier de création libertaire, 2003.

Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article