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Je n’ai pas de parcours universitaire classique, je suis autodidacte. Je suis devenu critique du néolibéralisme, de ses effets économiques, sociaux et culturels. Mes références actuelles sont Emmanuel Todd, René Girard, Jean-Claude Michéa, Dany-Robert Dufour, Bernard Friot, Frédéric Lordon, David Cayla, Coralie Delaume, David Graeber, Michel Feher, Naomi Klein...

La définition du néolibéralisme

Lors de son interview, Emmanuel Macron donne, sans le vouloir, une définition du néolibéralisme à Sophie Binet et Agnès Verdier-Molinié. Contrairement à l’idée d’un « État minimal », l'État reste un acteur central dont le rôle n'est plus de planifier l'économie mais d’assurer les conditions optimales de la concurrence « libre et non faussée ».

Concrètement, cela implique plusieurs mécanismes :

  • La baisse systématique des impôts sur les entreprises, les hauts revenus et les multinationales, pour stimuler l’investissement et l’innovation, au détriment du financement des services publics.
  • L’augmentation paradoxale des dépenses publiques, non pour renforcer l’État social, mais pour sauver les marchés en temps de crise (sauvetages bancaires, aides massives aux grandes entreprises, subventions à l’emploi privé, etc.).
  • La prolifération de normes et de procédures bureaucratiques, non pour encadrer l’économie en faveur du bien commun, mais pour garantir la concurrence, la transparence, l’évaluation permanente, la mise en compétition des acteurs publics comme privés, et la performance selon des indicateurs.
  • La mise en marché des biens publics : santé, éducation, énergie, logement ou transports sont progressivement soumis à des logiques de rentabilité, sous couvert d’efficacité ou de choix du consommateur.
  • Enfin, l’État néolibéral se désengage là où il protégeait, mais intervient puissamment là où il dérégule, là où il organise la concurrence, privatise, sécurise les profits et socialise les pertes.

En somme, le néolibéralisme n’est pas moins d’État, mais un État devenu le bras armé du Capital pour assurer le bon fonctionnement des marchés, même contre les intérêts de la majorité.

Nicolas Maxime

 
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