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Je n’ai pas de parcours universitaire classique, je suis autodidacte. Je suis devenu critique du néolibéralisme, de ses effets économiques, sociaux et culturels. Mes références actuelles sont Emmanuel Todd, René Girard, Jean-Claude Michéa, Dany-Robert Dufour, Bernard Friot, Frédéric Lordon, David Cayla, Coralie Delaume, David Graeber, Michel Feher, Naomi Klein...

Le carrefour giratoire électoral de la démocratie représentative

Le bloc central, pourtant minoritaire, a pu se maintenir au pouvoir grâce à ses deux béquilles : son aile gauche, le Parti socialiste, et son aile droite, Les Républicains. Ces deux forces, en apparence opposées, ont en réalité joué le rôle de forces d’appoint du macronisme, assurant la continuité du pouvoir en échange de quelques gages symboliques.

Mais il a également pu compter sur la bienveillance de son excroissance identitaire, le Rassemblement National. Il s'agit en réalité d'une opposition de façade, la continuité du projet néolibéral d'Emmanuel Macron, le racisme envers les arabes et les noirs en plus. En effet, le RN partage avec le macronisme la même logique économique : défense du capital, mépris des pauvres et alignement sur les intérêts patronaux.

Du côté de la gauche, LFI pourrait apparaître comme la seule alternative viable. Mais ce mouvement désigné depuis 2017 comme l'épouvantail médiatique a accepté de jouer ce rôle. En se complaisant dans la posture de l’opposition radicale, LFI a consolidé sa place dans le théâtre du système, devenant l’aile protestataire d’un ordre qu’on prétend combattre.

Il faut comprendre que cette crise politique est forcément liée à une autre crise, celle de la démocratie représentative. En effet, du moment qu'on a compris que les élections font partie d'un cirque savamment organisé pour donner l’illusion du choix, alors tout s'éclaire. Benoît Girard parle d'un « carrefour giratoire électoral »[1] pour désigner cette impression de tourner sans fin autour du même centre. À chaque scrutin, on emprunte une sortie différente — gauche, droite, centre — pour finalement se retrouver avec la même voie néolibérale. Le suffrage universel ne sert plus qu'à légitimer les politiques dictées ailleurs : à Bruxelles, sur les marchés financiers, dans les conseils d'administration. Depuis quarante ans, que ce soit hier la gauche, la droite, aujourd'hui le centre et demain l'extrême droite, c'est toujours la même mise en scène d'un pluralisme sans alternative où la France est désormais enfermée dans le carcan du néolibéralisme et des règles de l’Union Européenne, incapable de reprendre le contrôle de sa monnaie et de son économie.

Photo : Petar Milošević / Wikimedia Commons – CC BY-SA 4.0

L'idéal serait de reprendre notre souveraineté perdue, de mettre fin à la démocratie représentative telle qu'elle a été conçue et de sortir du capitalisme néolibéral, mais n'est-ce pas déjà trop tard ? Car nous sommes peut-être déjà allés trop loin. Chaque jour qui passe renforce la conviction que l'Occident se dirige vers sa phase terminale. À moins qu'un sursaut populaire ne naisse de ce désastre à venir.

 

Nicolas Maxime


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