Je n’ai pas de parcours universitaire classique, je suis autodidacte. Je suis devenu critique du néolibéralisme, de ses effets économiques, sociaux et culturels. Mes références actuelles sont Emmanuel Todd, René Girard, Jean-Claude Michéa, Dany-Robert Dufour, Bernard Friot, Frédéric Lordon, David Cayla, Coralie Delaume, David Graeber, Michel Feher, Naomi Klein...
S’il s’agit de mettre fin à la démocratie représentative telle qu’elle est conçue aujourd’hui, il ne s’agit évidemment pas d’entrer en dictature ni de faire voter le peuple à chaque loi, mais bien d’en changer la forme. Notre système démocratique, fondé sur l’élection, confie le pouvoir à des représentants dont le but n’est pas de défendre les intérêts du Peuple mais ceux d’une minorité possédante. Et quand ils le prétendent, ils peuvent changer d’un coup leur politique, comme ce qui s’est passé en France en 1983 ou en Grèce en 2015. De plus, comme le démontre Julia Cagé dans Le prix de la démocratie[1], il faut désormais brasser des millions pour mener des campagnes électorales, ce qui induit que chaque candidat devra être financé par des milliardaires et leur sera redevable. La démocratie représentative est donc devenue une oligarchie élective.
On pourrait imaginer d'introduire le tirage au sort comme un véritable moyen d'expression de la souveraineté populaire avec la mise en place d'assemblées citoyennes, composées de membres tirés au sort, qui pourraient être chargées de débattre, d’élaborer ou de contrôler certaines lois, voire d’évaluer les politiques publiques.
Montesquieu l'affirmait dans De l’esprit des lois (1748) :
« Le suffrage par le sort est de la nature de la démocratie ; le suffrage par choix est de celle de l’aristocratie. »[2]
Sans aller jusqu'à la suppression de l'élection, il convient de mettre en œuvre une autre forme de représentation du peuple. En somme, il s’agirait moins de renverser la démocratie que de la réinventer grâce au tirage au sort.