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Je n’ai pas de parcours universitaire classique, je suis autodidacte. Je suis devenu critique du néolibéralisme, de ses effets économiques, sociaux et culturels. Mes références actuelles sont Emmanuel Todd, René Girard, Jean-Claude Michéa, Dany-Robert Dufour, Bernard Friot, Frédéric Lordon, David Cayla, Coralie Delaume, David Graeber, Michel Feher, Naomi Klein...

Les richesses sont celles des travailleurs, non des milliardaires

On ne peut que être d'accord avec le tweet d'Antoine Léaument. Si Bernard Arnault veut partir aux États-Unis, qu’il parte. Mais qu’il parte les mains vides. Car les richesses qu’il prétend posséder ne sont pas le fruit de son génie ou de son talent d’entrepreneur, mais le produit du travail de milliers de salariés.

Comme l’expliquait Marx, la véritable source de la richesse n’est pas le capital, mais le travail[1]. C’est par l’exploitation de la force de travail que les capitalistes accumulent la plus-value, cette valeur supplémentaire extorquée aux travailleurs et accaparée sous forme de profits. Pourtant, c’est lui qui encaisse, tandis que ceux qui produisent peinent à boucler leurs fins de mois.

Sa fortune réside dans l'accumulation de capital mort : des participations dans des entreprises, des propriétés, ou des investissements financiers qui ne créent pas directement de nouvelles richesses, mais génèrent des revenus grâce à l'exploitation d'autres personnes ou de ressources naturelles. Ce capital, bien qu'il soit un moyen de reproduction du capitalisme, est en fait une entrave à la vraie production de valeur.

La véritable richesse est celle produite par le travail vivant. Ce travail est celui des ouvriers, des techniciens, des ingénieurs, des employés qui, par leur activité, génèrent la plus-value. Ce sont les travailleurs qui l’incarnent, et non le capital accumulé dans des biens inactifs ou spéculatifs.

Dans ce contexte, la fuite des grandes fortunes n’a rien d’une perte pour la Nation. Ce sont les travailleurs qui font tourner l’économie, pas les milliardaires. La production made in France ne repose pas sur quelques oligarques ultra-riches, mais sur des millions de travailleurs dont le savoir-faire et l’énergie créent la véritable richesse.

L’État a le pouvoir de réquisition. Il peut et doit pouvoir exproprier ceux qui trahissent leur pays en fuyant l’impôt, en désinvestissant l’économie nationale, en spéculant plutôt qu’en produisant. La loi doit s’appliquer avec fermeté : pas de passe-droit pour ceux qui accumulent leur fortune sur le dos de la collectivité.

 

Nicolas Maxime


[1] Karl Marx, Le Capital, Livre I, Gallimard, 1867.

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