Overblog Tous les blogs Top blogs Politique Tous les blogs Politique
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Je n’ai pas de parcours universitaire classique, je suis autodidacte. Je suis devenu critique du néolibéralisme, de ses effets économiques, sociaux et culturels. Mes références actuelles sont Emmanuel Todd, René Girard, Jean-Claude Michéa, Dany-Robert Dufour, Bernard Friot, Frédéric Lordon, David Cayla, Coralie Delaume, David Graeber, Michel Feher, Naomi Klein...

Entre progrès et réaction : une continuité

Et si le libertarianisme autoritaire n’était pas une rupture, mais bien une continuité logique du néolibéralisme progressiste ? La trajectoire idéologique de Mark Zuckerberg en est une illustration frappante. En 2017, il se présentait comme un apôtre du progrès, prônant le revenu universel, l’inclusion des minorités et l’instauration d’un nouveau contrat social[1]. Ce discours, considéré par les médias comme moderne et humaniste, s’inscrivait dans la logique néolibérale de promotion des droits individuels sans remettre en cause les structures dominantes du capitalisme. 

Aujourd’hui, Zuckerberg adopte une posture résolument viriliste, appelle à nettoyer l’administration fédérale en s’alignant sur des idées libertariennes. Mais ce changement n’est qu’un prolongement de sa position initiale : dans un contexte de crise du capitalisme, où les promesses de progrès menacent ses structures fondamentales et l'ordre spontané du marché — concentration du pouvoir économique, mécanismes d'exploitation et d'accumulation —, le Capital se replie vers des logiques répressives et réactionnaires pour maintenir son hégémonie. Le discours inclusif progressiste cède la place à un discours identitaire réactionnaire. Loin d’être contradictoires, ces deux postures reflètent une même stratégie : préserver les intérêts du capital en adaptant la rhétorique aux tendances identitaires du moment.

Ainsi, le capitalisme apparaît comme un système pris dans un mouvement oscillatoire entre progrès et réaction, gauche et droite. Comme l’explique Benoît Girard avec son concept de carrefour giratoire électoral[2], nous nous retrouvons dans une illusion démocratique en étant condamnés à choisir entre le camp du progrès ou celui de la réaction, Biden ou Trump aux USA, Macron ou Le Pen en France, sans qu’aucun de ces choix ne produise de changements structurels.

Il n’y a qu’en sortant de ce faux clivage que l’on pourra envisager un véritable changement. Cette sortie nécessite une rupture radicale avec le système de production capitaliste, dont le progrès et la réaction ne sont que des variantes adaptées aux crises successives. Seule une alternative émancipatrice, fondée sur la socialisation des moyens de production et une planification démocratique et écologique, permettra de dépasser ce continuum stérile et de rassembler le peuple français pour répondre aux défis de notre temps.

 

Nicolas Maxime


[1] Lors d’un discours prononcé le 25 mai 2017 à Harvard, Mark Zuckerberg a déclaré : « Chaque génération élargit la définition de l’égalité. Les générations précédentes se sont battues pour le droit de vote et les droits civiques. Elles ont dû créer le New Deal et la Great Society. C’est désormais notre tour de définir un nouveau contrat social pour notre génération. (...). Chaque génération élargit la définition de l’égalité. Les générations précédentes se sont battues pour le droit de vote et les droits civiques. Elles ont dû créer le New Deal et la Great Society. C’est désormais notre tour de définir un nouveau contrat social pour notre génération. (...) ».

Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article