Je n’ai pas de parcours universitaire classique, je suis autodidacte. Je suis devenu critique du néolibéralisme, de ses effets économiques, sociaux et culturels. Mes références actuelles sont Emmanuel Todd, René Girard, Jean-Claude Michéa, Dany-Robert Dufour, Bernard Friot, Frédéric Lordon, David Cayla, Coralie Delaume, David Graeber, Michel Feher, Naomi Klein...
Depuis quelques mois, une proposition de loi est débattue dans les médias et au Parlement visant à taxer le patrimoine des ultra riches : il s’agit de la taxe Zucman, imaginée par l’économiste du même nom.
Concrètement, cette taxe viserait à imposer à hauteur de 2% l'ensemble des patrimoines de plus de 100 millions d'euros de patrimoine, elle concernerait 1 800 foyers et devrait rapporter 20 milliards par an.
Cependant, cette proposition de loi se heurte à de nombreux obstacles. Tout d’abord, juridique, puisqu’une telle taxe pourrait être censurée par le Conseil constitutionnel au nom du principe d’égalité devant l’impôt. En effet, une telle mesure pourrait être considérée comme discriminatoire car elle ne concernerait que quelques milliers de foyers fiscaux. Il ne faut pas non plus sous-estimer le risque de double taxation ainsi que le risque de contentieux avec l’UE au nom de la libre circulation des capitaux.
Ensuite, les obstacles sont politiques puisqu’une telle réforme se heurterait à l’opposition des classes dirigeantes et du patronat, ces derniers invoquant la possibilité d’un exil fiscal, de perte d’investissements et de fuite des capitaux.
Enfin le dernier obstacle est économique, puisque dans une France exposée aux quatre vents de la mondialisation, les ultra-riches disposent de moyens considérables pour contourner ou minimiser leur imposition, ce qui réduirait considérablement les recettes attendues.
La taxe Zucman repose par ailleurs sur un postulat erroné concernant l’origine des richesses. La gauche a abandonné l’idée d’agir sur les moyens de production au profit d’une approche rawlsienne de la justice sociale, où l’État se contente de corriger les inégalités après coup[1] . Cette vision vise à faire croire que la richesse est créée par les capitalistes, alors qu’elle est en réalité produite par le travail des salariés.
Taxer les grandes fortunes détourne ainsi l’attention de deux problèmes centraux : le démantèlement de la ruineuse politique de l’offre instituée par Macron, à l’origine de nos déficits et de notre surendettement ; la participation effective des travailleurs à la gestion des entreprises pour permettre une véritable répartition des richesses dès leur production et assurer que les fruits du travail profitent directement à ceux qui les génèrent, plutôt qu’une redistribution artificielle et inefficace a posteriori.
Nicolas Maxime
[1] Nicolas Maxime, Les errements politiques de la gauche, Royaliste N°1284, 25 septembre 2024.