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Je n’ai pas de parcours universitaire classique, je suis autodidacte. Je suis devenu critique du néolibéralisme, de ses effets économiques, sociaux et culturels. Mes références actuelles sont Emmanuel Todd, René Girard, Jean-Claude Michéa, Dany-Robert Dufour, Bernard Friot, Frédéric Lordon, David Cayla, Coralie Delaume, David Graeber, Michel Feher, Naomi Klein...

A quoi servent nos impôts ?

En principe, l'impôt permet de financer les écoles, les hôpitaux, la sécurité, la justice, les transports, la culture… bref, tout ce qui relève de l’intérêt général et ne peut être marchandisé. Une société sans impôts impliquerait des services entièrement privés qui seraient coûteux et inégalitaires. Cependant, cette contribution doit être répartie de manière équitable. Ainsi, chacun doit payer en fonction de ses moyens, c’est-à-dire de sa richesse ou de ses revenus.

Or, dans la réalité, ce principe est mis à mal. La classe moyenne voit sa contribution fiscale augmenter, tandis que les services publics – qu’elle finance – s’effondrent. A l'hôpital d'Évreux, on va lancer un emprunt citoyen pour financer la réouverture de 22 lits. Après avoir payé leurs impôts, les citoyens sont appelés à remettre la main à la poche pour obtenir un service public qui devrait être garanti par l’État. On nage en plein délire !

Cela amène à nous poser la question suivante : à quoi servent nos impôts ? En regardant les chiffres de plus près, on se rend compte que les prélèvements servent à financer les aides aux entreprises – environ 211 milliards d’euros par an[1] – et le service de la dette publique, qui représente à lui seul près de 50 milliards d’euros d’intérêts annuels[2].

Jamais, dans l’histoire contemporaine, le secteur privé n’a reçu autant d’argent public : crédits d'impôts, exonérations de cotisations sociales, subventions à l’investissement... Cela n’empêche pourtant ni les délocalisations ni les fermetures d’usines, ni la hausse du chômage.

Et pourtant, le patronat en réclame encore et toujours plus. L'exemple de Patrick Martin qui va convoquer un grand meeting patronal le 13 octobre pour exiger de nouvelles mesures en faveur des entreprises illustre cette indécence.

Et pendant ce temps, les services publics se désagrègent et un hôpital en est venu à quêter auprès des citoyens pour obtenir plus de lits.

Cela amène au principe du consentement à l'impôt, qui implique que tout prélèvement fiscal doit être accepté, soit directement par les citoyens, soit par l’intermédiaire de leurs représentants. Dans ces conditions, le consentement à l’impôt s’effrite. En effet, comment demander aux contribuables de financer toujours plus quand ils voient les services publics se déliter et l’argent public profiter aux intérêts privés ? L’impôt perd en légitimité, ce qui alimente les revendications en faveur de baisses d'impôts et de réductions de dépenses publiques, dans l’idée de faire maigrir un État jugé obèse.

C’est cela, le néolibéralisme : l’État se retire de ses missions essentielles, mais continue de déverser des milliards sur les marchés et les multinationales au nom de la « compétitivité » et du « bon fonctionnement du marché », tout en accusant par la suite les services publics défaillants de coûter trop cher et d'exiger leur réduction.

 

Nicolas Maxime


[1] Un coût annuel de 211 milliards d'euros : la commission d'enquête du Sénat sur les aides publiques aux entreprises réclame un choc de transparence, Public Sénat, 8 juillet 2025, https://www.publicsenat.fr/actualites/economie/un-cout-annuel-de-211-milliards-deuros-la-commission-denquete-du-senat-sur-les-aides-publiques-aux-entreprises-reclame-un-choc-de-transparence

[2] La charge de la dette de l'État représente en 2024, avec plus de 50 milliards d'euros, le deuxième poste budgétaire après l’enseignement scolaire, Sénat, 16 juillet 2024, https://www.senat.fr/rap/r23-719/r23-719-syn.pdf

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