Je n’ai pas de parcours universitaire classique, je suis autodidacte. Je suis devenu critique du néolibéralisme, de ses effets économiques, sociaux et culturels. Mes références actuelles sont Emmanuel Todd, René Girard, Jean-Claude Michéa, Dany-Robert Dufour, Bernard Friot, Frédéric Lordon, David Cayla, Coralie Delaume, David Graeber, Michel Feher, Naomi Klein...
Une ex-FEMEN woke, aux cheveux verts, qui déclarait autrefois « En politique, il faudrait virer tous les hommes », se déclare désormais conservatrice et devient une égérie des identitaires.
Ça pourrait être surprenant au premier abord, mais en réalité, c'est tout à fait logique et compréhensible. Wokes et identitaires ne sont que le même reflet de la post-modernité et du nihilisme de notre société occidentale.
En effet, il n'y a aucune différence entre une ancienne égérie néoféministe qui crée un business dans la formation à l'égalité hommes-femmes et une ex-militante anti-migrants qui vend ses conseils matrimoniaux sur Internet, si ce n'est qu'une prône le droit à la différence tandis que l'autre demande la priorité nationale. C'est le symptôme d'une bourgeoisie malade qui crache ses obsessions identitaires et cherche à créer des ennemis — « le wokisme », « le fascisme » — depuis que le communisme s'est éteint, une bourgeoisie trop préoccupée à se diviser mais qui se fout bien de savoir qu'il y a des gens qui dorment dans la rue ou que d'autres se suicident à cause de leur travail. D'ailleurs, pourquoi s'en préoccuperaient-ils puisque ni le sans-abrisme ni le mal-travail ne peuvent les concerner ?
Ce piège identitaire, pour reprendre les termes de Daniel Bernabé[1], n'est que l'expression d'un néolibéralisme culturel, où l'on vend des identités multiples à la carte sur un marché de la diversité, qu'elles soient de l'ordre de la déconstruction ou du suprémacisme blanc.
Nicolas Maxime
[1] Daniel Bernabé, Le Piège identitaire : L’effacement de la question sociale, L’Échappée, 2022.