Je n’ai pas de parcours universitaire classique, je suis autodidacte. Je suis devenu critique du néolibéralisme, de ses effets économiques, sociaux et culturels. Mes références actuelles sont Emmanuel Todd, René Girard, Jean-Claude Michéa, Dany-Robert Dufour, Bernard Friot, Frédéric Lordon, David Cayla, Coralie Delaume, David Graeber, Michel Feher, Naomi Klein...
Partout en Europe, les loyers trop élevés, la pénurie de logements et la location touristique mettent des habitants à la rue. Que ce soit à Paris, Berlin, Bruxelles, Prague, Lisbonne ou Dublin, le constat est le même.
En dix ans, le sans-abrisme a augmenté de 70 %. On compte désormais 900 000 SDF au sein de l’Union européenne[1], soit l’équivalent d’une ville comme Marseille vivant à la rue ou en centre d’hébergement d’urgence.
Rien qu’en France, le nombre de logements de courte durée loués via la plateforme Airbnb atteint 850 000[2]. Le nombre de résidences secondaires et de logements vacants n’a cessé d’augmenter en dix ans[3]. Le logement est considéré comme un sujet majeur par une partie croissante de la population, en France comme au sein de l’UE.
Le mal-logement n’a pas été abordé lors des élections européennes en France. Même les partis politiques de gauche n’en font pas, ou très peu, une priorité. Cette invisibilité dans le débat public ne concerne d’ailleurs pas seulement les politiques, mais aussi les économistes et les médias.
Et pourtant, le Sinn Féin en Irlande a gagné les élections en faisant du logement une priorité absolue.
Ces derniers temps, le sujet a retenu davantage d’attention, car la crise est telle que de nombreux ménages n’arrivent plus à se loger. Mais le mal-logement possède toutes les caractéristiques d’une future bombe sociale.
Nicolas Maxime
[1] FEANTSA & Fondation Abbé Pierre, 8ᵉ Overview on Housing Exclusion in Europe 2023 : estimation d’environ 895 000 personnes sans abri en Europe certaines nuits.
[2] Franceinfo.fr, “Complément d’enquête — Toute la France est touchée : les seuls endroits où il n’y a pas d’Airbnb sont les forêts et les terres agricoles”, 11 janvier 2024, VIDEO. "Toute la France est touchée. Les seuls endroits où il n'y a pas d'Airbnb sont les forêts et les terres agricoles", s'inquiète un lanceur d'alerte.
[3] INSEE, « 1,2 million de logements vacants supplémentaires en France depuis 1990 », Insee Première n° 1979, janvier 2024 : 3,1 millions de logements vacants en 2023.