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Je n’ai pas de parcours universitaire classique, je suis autodidacte. Je suis devenu critique du néolibéralisme, de ses effets économiques, sociaux et culturels. Mes références actuelles sont Emmanuel Todd, René Girard, Jean-Claude Michéa, Dany-Robert Dufour, Bernard Friot, Frédéric Lordon, David Cayla, Coralie Delaume, David Graeber, Michel Feher, Naomi Klein...

Italie : la droite populiste à l’épreuve du pouvoir ou la fin des promesses sociales

En Italie, le gouvernement d’extrême droite a décidé de supprimer le revenu de citoyenneté, une aide sociale destinée à lutter contre la pauvreté et à favoriser la réinsertion des demandeurs d’emploi sur le marché du travail. Ce dispositif doit être remplacé par un « chèque d’inclusion », dont le montant sera moins généreux et la durée réduite.

« Jeudi dernier, j’ai reçu un texto sur mon téléphone m’informant que je ne toucherai plus mon allocation à partir du 1er août. Quel sacré cadeau d’anniversaire ! ». Comme Luigi Marini, un Romain de 59 ans, quelque 169 000 familles viennent d’apprendre qu’elles ne pourront plus percevoir le revenu de citoyenneté (Reddito di cittadinanza, RdC), une aide comparable au RSA français, introduite en 2018 par le Mouvement 5 étoiles (M5S), alors au pouvoir.

D’ici la fin du mois d’août, des milliers d’autres bénéficiaires du RdC recevront le même message. Selon plusieurs estimations provisoires, près de 500 000 bénéficiaires devraient ainsi se retrouver sans ressources d’ici la fin de l’été.

Au final, l’expérience Giorgia Meloni est éclairante. Elle démontre que les populistes de droite, une fois au pouvoir, mènent exactement la même politique économique et sociale que les européistes néolibéraux. Confrontée aux contraintes budgétaires et aux règles européennes, Meloni renonce à ses promesses et applique des politiques d’austérité ciblant prioritairement les plus pauvres.

Dans le même temps, celle qui se présentait comme une pourfendeuse de l’immigration a choisi de suivre la voie très néolibérale de l’immigration choisie, afin de répondre aux besoins du patronat[1]. Loin des discours de campagne, la réalité du pouvoir impose la soumission aux marchés financiers et aux règles de l’Union européenne.

C’est très probablement ce qui se produirait si Marine Le Pen venait à être élue en France : un retour rapide à la discipline budgétaire, l’abandon des promesses sociales et une politique d’économies de bout de chandelle menée sur le dos des plus pauvres des « Français ». Derrière la rhétorique nationaliste, il n’y a qu’une constante : l’alignement sur le néolibéralisme, assorti d’un discours identitaire.

 

Nicolas Maxime


[1] Le 7 juillet 2023, le gouvernement de Giorgia Meloni a donné une autorisation préliminaire à un document de programmation permettant l’entrée légale de 452 000 travailleurs étrangers sur trois ans (2023‑2025), avec des quotas annuels (136 000 en 2023, 151 000 en 2024, 165 000 en 2025).

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