Je n’ai pas de parcours universitaire classique, je suis autodidacte. Je suis devenu critique du néolibéralisme, de ses effets économiques, sociaux et culturels. Mes références actuelles sont Emmanuel Todd, René Girard, Jean-Claude Michéa, Dany-Robert Dufour, Bernard Friot, Frédéric Lordon, David Cayla, Coralie Delaume, David Graeber, Michel Feher, Naomi Klein...
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États-Unis: Donald Trump imite des haltérophiles en se moquant des athlètes transgenres
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Si Donald Trump traite aujourd’hui avec Delcy Rodríguez, figure du chavisme, proche de Maduro, devenue présidente par intérim du Venezuela, plutôt qu’avec María Corina Machado, érigée par ses soutiens occidentaux en icône démocratique et devenue « prix Nobel » — désormais cocufiée et humiliée par le même oncle Donald — ce n’est pas par rapprochement idéologique avec le bolivarisme. C’est, plus prosaïquement, parce que la première apparaît comme la plus à même de sacrifier les intérêts de son pays et de se faire dicter les décisions de l’extérieur. Voilà donc ce qu’est devenue la démocratie en 2026.
Ce qu’il faut comprendre dans cette séquence, ce n’est pas le Venezuela en tant que tel, mais ce que cela dit de la politique actuelle. La Démocratie, la République, la Nation sont autant de grands mots qui valaient quelque chose à une époque et qui ne sont plus aujourd’hui que des éléments de langage recyclables à l’infini par ceux qui, soutiennent une intervention militaire au Venezuela, appellent à réenseigner les valeurs morales aux enfants, et EN MÊME TEMPS se disent favorables à une défense européenne, tout en laissant prospérer Hanouna et les influenceurs comme principaux producteurs des normes culturelles.
De la même manière, on peut encore se déclarer en faveur de la souveraineté, alors même que la France a depuis longtemps délégué sa souveraineté monétaire et économique, reléguée au rang de simple province de l’Union européenne qui n’est pourtant pas un État, mais une construction juridico-économique, dont les règles et les traités ont été rédigés pour servir expressément les marchés.
Dans ces conditions, choisir entre le centre, la gauche, la droite, l’extrême gauche ou l’extrême droite n’a plus beaucoup de sens. En réalité, cela fait quarante ans que les véritables décisions se prennent ailleurs, que ce soit dans les conseils d’administration des multinationales, dans les fonds d’investissement de Wall Street, de la City, dans les complexes militaro‑industriels, sous l’influence des grandes banques centrales et des marchés financiers. Le reste n’est plus que mise en scène. Parce que nous n’avons, en vérité, plus aucun choix, « There is no alternative », comme le disait Margaret Thatcher[1]. Les gouvernements ne sont plus là que pour assurer une gouvernance du Capital, pour administrer l’existant, amortir les chocs sociaux et maintenir l’ordre.
Les démocraties occidentales ? Une vaste blague, qui laisse naturellement la place à des clowns politiques comme Donald Trump, parce que la dernière chose qui fonctionne encore, c’est le règne du spectacle. Et Donald, il performe comme acteur, c’est certain ! Mais il y a de la concurrence, quand on voit le général Nicolas Richoux expliquer qu’il faudrait envisager l’envoi de troupes au Groenland, comme si la France pouvait assumer une guerre contre les États-Unis. Vaste blague ! C’est là qu’on se rend compte que nous vivons désormais tous les jours un Gorafi ou un Nordpresse, au point d’avoir parfois du mal à distinguer la réalité de sa propre parodie.
Le plus triste, peut-être, c’est ceux qui en viennent à penser que Poutine, Xi Jinping, Maduro ou d’autres figures autoritaires seraient la seule alternative à ce triste état de décomposition. Comme si le choix se réduisait désormais à une opposition binaire entre l’oligarchie néolibérale et le despotisme assumé. Pourquoi ne pas imaginer, à la manière de Simone Weil[2], la suppression des partis politiques et la mise en œuvre d’une véritable démocratie ancrée dans la souveraineté populaire et la délibération collective ?
En sommes-nous encore capables ? Ou peut-être devons-nous simplement attendre les derniers soubresauts d’un Occident en phase terminale, incapable de penser autre chose que sa propre survie symbolique dans une mise en scène qui rappelle un mauvais vaudeville.
Nicolas Maxime
[1] Discours lors de la Conférence du Parti Conservateur, Brighton, 10 octobre 1980. C’est ici qu’elle martèle sa conviction qu’il n’existe aucune alternative au libéralisme économique (« There is no alternative »), slogan qui deviendra l'acronyme TINA.
[2] Simone Weil, Note sur la suppression générale des partis politiques, 1943.