Je n’ai pas de parcours universitaire classique, je suis autodidacte. Je suis devenu critique du néolibéralisme, de ses effets économiques, sociaux et culturels. Mes références actuelles sont Emmanuel Todd, René Girard, Jean-Claude Michéa, Dany-Robert Dufour, Bernard Friot, Frédéric Lordon, David Cayla, Coralie Delaume, David Graeber, Michel Feher, Naomi Klein...
Au fond, la disparition des notions de gauche et de droite ne poserait pas de problème en soi. Si Bernard Cazeneuve, Manuel Valls, Sandrine Rousseau ou Yannick Jadot sont considérés comme relevant de la gauche, alors le terme « gauche » semble effectivement avoir perdu toute cohérence idéologique. À cela s’ajoutent de nouveaux clivages — souverainistes contre fédéralistes, identitaires contre universalistes — qui rendent l’opposition gauche/droite de moins en moins pertinente.
Le problème réside ailleurs. Il n’existe pratiquement aucun responsable politique, militant ou mouvement se revendiquant « ni de gauche ni de droite » dont les préoccupations centrales seraient la répartition de la valeur ajoutée en faveur du travail ou la réduction des inégalités socio-économiques. La plupart ont les mêmes obsessions : insécurité, immigration, islam, identité. Le « ni gauche ni droite » s’inscrit le plus souvent dans un néoconservatisme ou un confusionnisme assumé de fait, mais rarement revendiqué comme tel.
Pour le moment, aucun mouvement se déclarant hors du clivage gauche/droite ne porte en priorité un projet de transformation démocratique, économique, écologique et sociale. Tant que ces objectifs ne constituent pas le cœur d’un programme politique, la prétendue neutralité idéologique dissimule soit l’acceptation de l’ordre économique existant, soit une focalisation sur des enjeux culturels et identitaires au détriment de la question sociale.
À ce jour, un mouvement « ni gauche ni droite » structuré autour d’un tel projet demeure introuvable.
Nicolas Maxime