Je n’ai pas de parcours universitaire classique, je suis autodidacte. Je suis devenu critique du néolibéralisme, de ses effets économiques, sociaux et culturels. Mes références actuelles sont Emmanuel Todd, René Girard, Jean-Claude Michéa, Dany-Robert Dufour, Bernard Friot, Frédéric Lordon, David Cayla, Coralie Delaume, David Graeber, Michel Feher, Naomi Klein...
Emmanuel Macron tente de nous faire croire qu’« il faut se réveiller » pour atteindre le plein emploi. Dans le même temps, Bruno Le Maire souhaite raccourcir la durée d’indemnisation des seniors afin de les inciter à reprendre un emploi.
La réalité est pourtant bien différente. Lorsqu’on prend en compte le halo du chômage — c’est-à-dire l’ensemble des personnes sans emploi qui souhaitent travailler mais ne sont pas considérées comme chômeuses au sens strict parce qu’elles ne sont pas immédiatement disponibles ou ne remplissent pas tous les critères administratifs — le taux de chômage réel atteint environ 12,1 %. Nous sommes donc très loin du plein emploi[1].
Dans une tentative quasi orwellienne d’altération de la vérité[2], le gouvernement cherche à faire croire que l’objectif serait sur le point d’être atteint. Or, cette présentation tronquée repose sur une lecture restrictive des statistiques, qui invisibilise des millions de personnes : chômeurs découragés, temps partiels subis, seniors exclus durablement du marché du travail, jeunes en errance professionnelle.
Face à l’incapacité structurelle du modèle économique à créer suffisamment d’emplois stables et correctement rémunérés, l’exécutif n’a plus d’autre choix que d’inventer un récit. Un récit rassurant pour son électorat, mais largement déconnecté de la réalité sociale. Plutôt que de s’attaquer aux causes profondes du chômage — désindustrialisation, précarisation du travail, politiques d’austérité, inadéquation entre emplois proposés et conditions de vie — le pouvoir préfère durcir les règles d’indemnisation et déplacer la responsabilité sur les individus.
Le « plein emploi » devient alors un slogan politique, destiné à légitimer de nouvelles réformes punitives, bien plus qu’un objectif économique réellement atteignable dans le cadre du capitalisme néolibéral actuel.
Nicolas Maxime
[1] Chiffres basés sur les indicateurs de l'INSEE du 3ème trimestre 2023. Le taux de chômage au sens du BIT s'établissait à 7,4 %, mais grimpe significativement lorsqu'on y ajoute les 2,1 millions de personnes constituant le « halo » (personnes souhaitant travailler mais non classées comme chômeurs).
[2] George Orwell, 1984, 1949.