Je n’ai pas de parcours universitaire classique, je suis autodidacte. Je suis devenu critique du néolibéralisme, de ses effets économiques, sociaux et culturels. Mes références actuelles sont Emmanuel Todd, René Girard, Jean-Claude Michéa, Dany-Robert Dufour, Bernard Friot, Frédéric Lordon, David Cayla, Coralie Delaume, David Graeber, Michel Feher, Naomi Klein...
Loin des turpitudes des médias et des réseaux sociaux, où l’on doit désormais choisir le camp du bien ou du mal dans le conflit opposant Israël et la Palestine, l’hôpital public poursuit sa longue agonie vers une mort annoncée.
Dans une tribune signée par 1 200 professionnels de santé, ces derniers tirent la sonnette d’alarme. Faute de lits et de personnels, le tri des patients s’organise désormais à l’hôpital public. Les maltraitances institutionnelles s’accumulent ; certains patients en urgence vitale ne peuvent plus être pris en charge à temps.
Mais il n’y a pas que l’hôpital public qui coule : c’est l’ensemble des services médicaux et sociaux qui s’effondrent. La pédiatrie, la santé mentale, la gériatrie, le secteur du handicap, la protection de l’enfance, la protection maternelle et infantile, l’hébergement d’urgence… tout vacille.
Tous les métiers du care — médecins, infirmiers, aides-soignants, auxiliaires de vie, assistantes maternelles, puéricultrices, éducateurs spécialisés, assistants sociaux, psychologues, psychiatres — sont désormais en voie de disparition. Leur rôle est pourtant essentiel : ils permettent de maintenir et de créer du lien social par le soin, l’éducation et l’accompagnement.
Essorés par des conditions de travail épuisantes, le manque chronique de moyens et des injonctions contradictoires où l’obligation de résultats a remplacé l’obligation de moyens, certains professionnels sombrent dans le burn-out, quand d’autres démissionnent purement et simplement pour changer de voie. Les jeunes générations l’ont bien compris et ne souhaitent plus s’orienter vers ces professions, d’où la crise majeure des vocations.
Autant le dire clairement : si les secteurs de la santé et du médico-social s’effondrent, c’est l’ensemble de la société qui s’écroule.
Bien entendu, la bourgeoisie insouciante pourra toujours se soigner dans le privé ou recourir à des services sociaux libéralisés. Ce ne sera pas le cas des plus pauvres.
Le plus effarant reste que cet effondrement se déroule dans un silence assourdissant, comme si nous étions collectivement témoins de notre propre impuissance, comme si nous ne mesurions pas encore l’ampleur des dégâts sociaux à venir.
Nicolas Maxime