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Je n’ai pas de parcours universitaire classique, je suis autodidacte. Je suis devenu critique du néolibéralisme, de ses effets économiques, sociaux et culturels. Mes références actuelles sont Emmanuel Todd, René Girard, Jean-Claude Michéa, Dany-Robert Dufour, Bernard Friot, Frédéric Lordon, David Cayla, Coralie Delaume, David Graeber, Michel Feher, Naomi Klein...

Sécurité sociale de l’alimentation : une solution pour garantir des revenus paysans et le droit à bien manger

Il existerait une solution véritablement révolutionnaire permettant aux agriculteurs de vivre décemment de leur travail : l’instauration d’une sécurité sociale de l’alimentation. Sur le modèle de la Sécurité sociale mise en place après-guerre pour la santé, il s’agirait de socialiser l’alimentation afin d’en faire un droit universel, et non une simple marchandise soumise aux lois du marché.

Collectif pour une Sécurité sociale de l’alimentation, infographie de présentation du modèle de Sécurité sociale de l’alimentation, document de vulgarisation utilisé par les collectifs militants et associatifs engagés dans les expérimentations locales, securite-sociale-alimentation.org.

La proposition repose sur une cotisation mensuelle d’environ 150 euros par personne, destinée à garantir à toutes et tous un accès effectif à une alimentation choisie, de qualité et respectueuse des producteurs comme de l’environnement. Concrètement, ce dispositif prendrait la forme d’une carte vitale de l’alimentation, donnant accès à des prestations sociales permettant de couvrir les dépenses alimentaires essentielles.

Pour répondre réellement aux besoins de la population, le système serait fondé sur des caisses de sécurité sociale de l’alimentation, gérées démocratiquement par les paysans et les consommateurs, et indépendantes des pouvoirs publics. Ces caisses décideraient collectivement des critères de conventionnement des producteurs, des modes de production encouragés, ainsi que des niveaux de prix garantissant des revenus dignes aux agriculteurs.

Des expérimentations sont déjà en cours dans plusieurs territoires, notamment à Montpellier, Bordeaux ou dans des communes plus modestes comme Cadenet, montrant que ce modèle est à la fois concrètement applicable et socialement pertinent.

Dans ce cadre, les grandes surfaces seraient exclues du dispositif. Les agriculteurs pourraient ainsi reprendre la main sur la distribution de leurs produits, sortir de la dépendance à la grande distribution et bénéficier de revenus garantis. Les prix ne seraient plus imposés par des centrales d’achat ou des logiques de concurrence destructrices, mais fixés démocratiquement par les producteurs et les consommateurs eux-mêmes.

La sécurité sociale de l’alimentation répondrait ainsi à plusieurs urgences simultanées : la crise des revenus agricoles, l’accès inégal à une alimentation de qualité, la disparition des paysans, et la marchandisation croissante du vivant. En traitant l’alimentation comme un bien commun, elle ouvrirait la voie à une transformation profonde du système agricole et alimentaire, fondée sur la solidarité plutôt que sur la rentabilité.

 

Nicolas Maxime

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