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Je n’ai pas de parcours universitaire classique, je suis autodidacte. Je suis devenu critique du néolibéralisme, de ses effets économiques, sociaux et culturels. Mes références actuelles sont Emmanuel Todd, René Girard, Jean-Claude Michéa, Dany-Robert Dufour, Bernard Friot, Frédéric Lordon, David Cayla, Coralie Delaume, David Graeber, Michel Feher, Naomi Klein...

Fin de la trêve hivernale, le mal-logement s’aggrave dans l’indifférence gouvernementale

Nous sommes le 2 avril, l’urgence hivernale touche à sa fin. Les expulsions locatives vont reprendre, tandis que le 115 commence déjà à supprimer des places d’hébergement, laissant de nouveau des personnes à la rue.

En à peine deux ans, le nombre de personnes sans domicile est passé de 300 000 à 330 000[1]. Le mal-logement ne cesse de s’aggraver : plus d’un million de personnes sont aujourd’hui privées de logement personnel[2]. Certaines sont contraintes de vivre dans des logements de fortune — mobile-homes, maisons de vacances — quand d’autres dorment dans des abris de jardin, des garages ou même des caves.

Combien de sans-abri supplémentaires faudra-t-il pour que ce gouvernement réagisse ? 100 000, 200 000, 500 000 ? Davantage de personnes à la rue, c’est mécaniquement plus de violence, plus d’insécurité, plus de souffrance psychologique, avec des coûts humains, sociaux et budgétaires considérables à long terme.

Que fait le gouvernement pour enrayer ce phénomène ? Rien, ou presque. Sa priorité reste de faire passer en force une réforme des retraites massivement rejetée, repoussant l’âge légal de départ. Pire encore, il s’attaque aux plus pauvres par une série de mesures antisociales : réformes successives de l’assurance chômage, réforme annoncée du RSA, et loi dite anti-squat qui accélère les procédures d’expulsion pour impayés de loyers.

Le macronisme accélère ainsi ce que certains comme Ulrich Beck qualifient de « brésilianisation » de la société : un processus marqué par le déclassement, l’explosion des inégalités socio-économiques et la constitution d’une vaste sous-classe frappée par le chômage, le sous-emploi et le mal-logement[3].

Même la Fondation Abbé Pierre, pourtant reconnue pour sa prudence politique, a dressé un bilan très négatif de l’action d’Emmanuel Macron en matière de logement. Loin de combattre le fléau, les politiques menées auraient, selon elle, accéléré la dégradation de la situation.

Un président réellement soucieux de sa population aurait pris au sérieux cette déclaration qu’il formulait lui-même le 27 juillet 2017 :

« La première bataille, c’est de loger tout le monde dignement. Je ne veux plus, d’ici la fin de l’année, avoir des femmes et des hommes dans les rues, dans les bois ou perdus. »[4]

Six ans plus tard, la promesse résonne comme un cruel démenti.

 

Nicolas Maxime


[1] Fondation Abbé Pierre, 28 rapport sur l’état du mal-logement en France 2023.

[2] Ibidem

[3] Ulrich Beck, Le Brave Nouveau Monde du travail, Flammarion, 2000.

[4] Discours d’Emmanuel Macron, Orléans, 27 juillet 2017.

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