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Je n’ai pas de parcours universitaire classique, je suis autodidacte. Je suis devenu critique du néolibéralisme, de ses effets économiques, sociaux et culturels. Mes références actuelles sont Emmanuel Todd, René Girard, Jean-Claude Michéa, Dany-Robert Dufour, Bernard Friot, Frédéric Lordon, David Cayla, Coralie Delaume, David Graeber, Michel Feher, Naomi Klein...

Police nationale : rupture du lien de confiance et dérive autoritaire

Des personnes ont fait le choix de s’engager dans la police nationale, un métier longtemps associé à l’honneur du service public. Le respect pour celles et ceux qui exerçaient cette profession était réel.

Mais les années ont passé et le constat est amer. Entre les plaintes de femmes victimes de violences parfois non enregistrées, les comportements violents et intimidants de certaines unités — notamment au sein de la BAC et des BRAV-M —, les excès de zèle pendant la pandémie avec une politique de verbalisation massive, la police nationale n’assure plus pleinement sa mission première : servir et protéger. Le lien avec la population s’est distendu, la défiance s’est installée.

Il faut pourtant le rappeler : une majorité de policiers effectue son travail, ou aimerait pouvoir le faire correctement, dans des conditions extrêmement difficiles. Les enquêtes sur le terrain montrent que le dialogue est possible et nécessaire. La crise n’est donc pas celle de toute une profession, mais celle d’une minorité de comportements qui déshonorent l’uniforme par la violence gratuite et l’outrance. Ceux-là n’ont pas leur place dans la police nationale.

La responsabilité est d’abord politique et étatique. Les choix opérés depuis les années 2000 — en particulier sous l’impulsion de Nicolas Sarkozy — ont profondément transformé la doctrine du maintien de l’ordre : américanisation des pratiques, introduction d’armes dites « sublétales » (flashballs, LBD), abandon des dispositifs statiques au profit d’unités mobiles. Cette évolution a accompagné un durcissement général visant moins l’apaisement que la dissuasion, dans un contexte de réformes néolibérales imposées et de contestations sociales répétées.

À celles et ceux qui réclament davantage de sécurité, une question s’impose : souhaite-t-on confier le maintien de l’ordre à des agents qui agissent par la peur et la brutalité, au risque d’aggraver les tensions ? Pour que les policiers redeviennent des gardiens de la paix et non de simples forces de l’ordre, il faut revenir à une doctrine fondée sur la protection des personnes, la désescalade, le dialogue et la responsabilité. C’est à ce prix que pourra être restauré l’honneur de l’uniforme républicain et renoué le lien de confiance avec la population.

 

Nicolas Maxime

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