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Je n’ai pas de parcours universitaire classique, je suis autodidacte. Je suis devenu critique du néolibéralisme, de ses effets économiques, sociaux et culturels. Mes références actuelles sont Emmanuel Todd, René Girard, Jean-Claude Michéa, Dany-Robert Dufour, Bernard Friot, Frédéric Lordon, David Cayla, Coralie Delaume, David Graeber, Michel Feher, Naomi Klein...

Réforme des retraites : le passage en force comme mode de gouvernement

Une réforme des retraites rejetée par l’Assemblée nationale et désapprouvée par la population, un pouvoir en place de plus en plus contesté et impopulaire, une forme de climat pré-insurrectionnel, des manifestations qui prennent de plus en plus d’ampleur…
Et pourtant, un président qui fait le choix de ne pas renoncer à sa réforme.

En 2006, Jacques Chirac avait pourtant retiré le CPE (contrat première embauche) en faisant le constat que les Français y étaient majoritairement opposés.

En 2023, Emmanuel Macron n’en a que faire de l’avis de la population, de la représentation nationale ou du dialogue social avec les syndicats. Il passe en force en invoquant une soi-disant légitimité démocratique qui lui permettrait de faire ce qu’il veut parce qu’il a été élu et que le 49.3 serait un instrument démocratique.

On rappellera que Macron a été élu et réélu uniquement parce qu’il s’est retrouvé, à deux reprises, au second tour face à la représentante du Rassemblement National, et que le 49.3 est un article désuet, mis en place par le général de Gaulle dans un contexte particulier de crise institutionnelle, qui permet au gouvernement de passer en force et de s’approprier le pouvoir législatif. Aucune Constitution d’une démocratie comparable ne contient l’équivalent de l’article 49.3. Même le président américain doit s’en référer à la Chambre des représentants et au Sénat ; à défaut, son texte est rejeté.

Mais pourquoi cet entêtement ? C’est simple. Macron a une feuille de route. Il a été élu avec l’appui des marchés financiers, des multinationales, des milliardaires et de l’Union européenne. Il sait qu’en cas d’échec, il devra rendre des comptes. Il est prêt à tout pour appliquer ce « projet » de réformes néolibérales, quitte à se mettre l’ensemble des Français à dos. De toute façon, depuis les Gilets jaunes, il n’hésite pas à utiliser la force et il dispose, pour cela, d’un appareil répressif particulièrement zélé.

« THERE IS NO ALTERNATIVE »[1].

Peu importe le chaos que cela va engendrer, peu importe que la démocratie soit en péril, peu importe les véritables urgences que sont le changement climatique, l’hôpital public ou le mal-logement, Macron n’en a que faire : sa réforme des retraites doit passer, tout comme les autres réformes à venir, dans une véritable stratégie du choc destinée à rassurer et satisfaire les marchés financiers[2].

 

Nicolas Maxime


[1] Discours de Margaret Thatcher lors de la Conférence du Parti conservateur, Brighton, 10 octobre 1980. 

[2] Naomi Klein, La Stratégie du choc, Actes Sud, 2008.

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