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Je n’ai pas de parcours universitaire classique, je suis autodidacte. Je suis devenu critique du néolibéralisme, de ses effets économiques, sociaux et culturels. Mes références actuelles sont Emmanuel Todd, René Girard, Jean-Claude Michéa, Dany-Robert Dufour, Bernard Friot, Frédéric Lordon, David Cayla, Coralie Delaume, David Graeber, Michel Feher, Naomi Klein...

RSA sous conditions : remplacer le jugement par la solidarité

Des accidents de la vie : un homme qui a perdu son épouse et sa fille dans un accident de la route et qui est devenu alcoolique ; une femme victime de viol par un membre de sa famille durant l’enfance ; un homme violenté par son père ; une entrepreneuse qui a tout perdu à la suite de la crise sanitaire et se retrouve aujourd’hui avec une montagne de dettes ; une femme victime de violences conjugales qui a fui son conjoint et se retrouve isolée avec trois enfants en bas âge.

Voilà le profil réel de nombreux bénéficiaires du RSA.

Les responsables politiques macronistes, certains élus LR ou les courants zemmouriens « compatibles » savent-ils seulement ce qu’est un accident de la vie ? Où se situe la responsabilité individuelle dans ces événements tragiques, imprévisibles et souvent irréversibles ? Il suffirait, ne serait-ce que quelques minutes, de se projeter à leur place et de s’interroger honnêtement sur ce que chacun aurait fait dans une situation comparable.

Au lieu d’enfoncer les bénéficiaires du RSA en les qualifiant de fainéants ou d’assistés, il faudrait d’abord comprendre que la pauvreté n’est pas un choix mais très souvent une rupture biographique brutale. La véritable question n’est donc pas celle de la sanction ou du soupçon permanent, mais celle des conditions d’une sortie durable de la pauvreté, sans jugement moral et sans misérabilisme.

Cela suppose de donner des moyens réels aux travailleurs sociaux et aux associations, aujourd’hui exsangues, pour accompagner les personnes sur le long terme. Cela suppose surtout de sortir d’une logique punitive pour aller vers une logique de droits. La mise en place d’une garantie d’emploi pour les chômeurs de longue durée permettrait d’offrir une activité rémunérée, digne et utile socialement, plutôt que de conditionner le RSA à des activités stigmatisantes qui ne règlent rien sur le fond.

La solidarité n’est pas une faiblesse morale : elle est le socle d’une société capable de faire face aux aléas de l’existence. Remplacer l’accompagnement par la contrainte revient non seulement à nier la réalité sociale, mais aussi à aggraver les fractures déjà profondes au sein des classes populaires.

 

Nicolas Maxime

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