Je n’ai pas de parcours universitaire classique, je suis autodidacte. Je suis devenu critique du néolibéralisme, de ses effets économiques, sociaux et culturels. Mes références actuelles sont Emmanuel Todd, René Girard, Jean-Claude Michéa, Dany-Robert Dufour, Bernard Friot, Frédéric Lordon, David Cayla, Coralie Delaume, David Graeber, Michel Feher, Naomi Klein...
Bruno Le Maire l’assure : malgré la hausse continue des tarifs de l’énergie sur les marchés, cela ne se répercutera pas sur les ménages. Pire encore, le risque d’être à court d’électricité existe, puisque plusieurs réacteurs sont à l’arrêt en raison de problèmes de corrosion et de microfissures dans les tuyauteries.
Le gouvernement prévoit d’augmenter les chèques énergie pour les ménages précaires, comme Marie-Antoinette, pendant la Révolution, demandait que l’on donne de la brioche à ceux qui avaient faim.
Ce n’est pas comme si le prix du gaz avait augmenté à cause des sanctions infligées à la Russie. Ce n’est pas comme si EDF vendait à perte son énergie à ses concurrents. Ce n’est pas comme si le marché intérieur européen de l’énergie fixait les prix. Ce n’est pas comme si le parc nucléaire français avait été globalement laissé à l’abandon. Ce n’est pas comme s’il existait un sous-investissement public chronique dans le domaine de l’énergie, qu’elle soit nucléaire ou renouvelable, par manque de clarté et de choix politiques depuis quarante ans, ou en raison des restrictions budgétaires imposées, notamment la règle du déficit public à 3 %.
Pendant ce temps, Espagne et Portugal quittent le marché intérieur de l’énergie. Les deux pays mettent en place un système tarifaire propre qui plafonne les prix du gaz. Le gouvernement espagnol prévoit une réduction de la facture de 30 % pour les ménages et les entreprises. Le mégawattheure sera plafonné à 40 euros sur six mois[1].
De plus, l’Espagne impose une surtaxe exceptionnelle sur les banques et les compagnies d’électricité. Cet impôt exceptionnel de 7 milliards d’euros sur deux ans permettra de taxer les surprofits et d’aider les classes moyennes à affronter l’inflation, notamment en finançant la gratuité des abonnements pour les transports ferroviaires de banlieue[2].
En résumé, l’effort ne sera plus supporté uniquement par les ménages, mais également par les compagnies de l’énergie, qui n’ont cessé de générer des profits importants ces derniers mois.
Bien entendu, beaucoup aimeraient qu’un gouvernement prenne des mesures similaires en France. Mais cela n’arrivera vraisemblablement pas avec un exécutif obsédé par le respect strict des règles européennes et par une obéissance constante aux marchés.
Nicolas Maxime
[1] Les gouvernements espagnol et portugais ont obtenu une dérogation de la Commission européenne (dit « exception ibérique ») leur permettant de plafonner le prix du gaz utilisé dans la production d’électricité à 40 € par mégawatt‑heure (MWh) afin de réduire le coût de l’électricité sur leurs marchés domestiques. Ce mécanisme vise à limiter les hausses de facture pour les ménages et entreprises dans un contexte de flambée des prix de l’énergie.
[2] En juillet 2022, le gouvernement espagnol a approuvé une taxe exceptionnelle sur les banques et les grandes entreprises énergétiques afin de taxer les surprofits générés par les hausses des taux et des prix de l’énergie et d’aider à financer des mesures sociales, notamment des abonnements gratuits ou subventionnés aux transports publics et d’autres aides face à l’inflation ; cette taxe devait rapporter environ 7 milliards d’euros sur 2023‑2024.