Je n’ai pas de parcours universitaire classique, je suis autodidacte. Je suis devenu critique du néolibéralisme, de ses effets économiques, sociaux et culturels. Mes références actuelles sont Emmanuel Todd, René Girard, Jean-Claude Michéa, Dany-Robert Dufour, Bernard Friot, Frédéric Lordon, David Cayla, Coralie Delaume, David Graeber, Michel Feher, Naomi Klein...
Pendant que le peuple se fait endormir par des nouvelles sans importance ou des polémiques stériles, la Banque centrale européenne (BCE) a décidé de relever ses taux directeurs de 0,75 %[1]. Pour lutter contre l’inflation, la BCE assume le risque de faire entrer l’ensemble de l’économie de la zone euro en récession et d’augmenter massivement le chômage. Sans compter qu’une hausse trop rapide des taux pourrait provoquer une nouvelle crise des dettes souveraines, certains États se retrouvant en incapacité de rembourser leurs créanciers.
Il convient de le rappeler clairement : la BCE peut relever autant qu’elle le souhaite ses taux directeurs, cela ne changera rien aux causes actuelles de l’inflation. Celle-ci n’est pas due à un excès de demande, mais à une pénurie d’offre. Lorsqu’un produit vient à manquer, comme l’huile de tournesol, les prix augmentent mécaniquement. De même, lorsque des sanctions sont imposées à la Russie concernant le gaz, les cours de l’énergie s’envolent. Le mécanisme est simple et largement documenté.
Il faut donc se préparer à des conséquences économiques et sociales importantes : des faillites en série de petites et moyennes entreprises, une hausse du nombre de chômeurs et, par ricochet, un accroissement de la pauvreté, le tout sans que ces décisions n’aient le moindre effet significatif sur le niveau de l’inflation.
Nicolas Maxime
[1] Décision de politique monétaire, 8 septembre 2022 : la BCE annonce une hausse de 75 points de base (0,75 %) de ses trois taux directeurs afin de lutter contre l’inflation dans la zone euro.