Je n’ai pas de parcours universitaire classique, je suis autodidacte. Je suis devenu critique du néolibéralisme, de ses effets économiques, sociaux et culturels. Mes références actuelles sont Emmanuel Todd, René Girard, Jean-Claude Michéa, Dany-Robert Dufour, Bernard Friot, Frédéric Lordon, David Cayla, Coralie Delaume, David Graeber, Michel Feher, Naomi Klein...
Entre Emmanuel Macron, qui veut faire passer les devoirs avant les droits et fusionner les minima sociaux pour instaurer un revenu universel d’activité, Valérie Pécresse, qui souhaite que les bénéficiaires du RSA effectuent des travaux d’intérêt général, et Éric Zemmour, qui fustige l’assistanat dans ses discours, ce thème de l’assistanat des pauvres revient sur le devant de la scène.
Comment fait-on pour vivre avec une aumône de 497 euros lorsqu’on est une personne seule[1] ? C’est simple : on survit. Et, en plus de cela, on doit subir sans cesse les regards méprisants et les remarques condescendantes de la part des autres membres de la société, quand ce n’est pas directement la famille ou les amis qui rabaissent. Il s’agit d’une double humiliation quotidienne : celle d’être privé d’emploi et de vivre au crochet de la société, et celle d’être considéré comme un « assisté ».
Ce terme méprisant, « assistanat », est utilisé sans aucun discernement par des personnes condescendantes ou égoïstes qui n’ont jamais connu la précarité.
Toute société devrait avoir le souci du plus faible, tendre la main afin que chacun ait une place autour de la table commune. Lorsque le choix est fait de s’en prendre à ceux qui n’ont déjà plus rien, au lieu de faire preuve de davantage de solidarité à leur égard, apparaissent alors les signaux avant-coureurs d’une société barbare où régnerait la loi du plus fort.
Nicolas Maxime
[1] Montant forfaitaire du RSA pour une personne seule sans enfant : 565,34 € par mois (montant socle hors forfait logement). Après déduction du forfait logement (67,77 €), le montant réellement perçu tombe à environ 497 € par mois.