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Je suis éducateur spécialisé depuis 2009. Je n’ai pas de parcours universitaire classique, je suis autodidacte. Je suis devenu profondément critique du néolibéralisme, de ses effets économiques, sociaux et culturels. Mes références actuelles sont Emmanuel Todd, Jean-Claude Michéa, Bernard Friot, Frédéric Lordon, David Cayla, Coralie Delaume, David Graeber, Naomi Klein...

Le triomphe du simulacre

Que dire de plus de cette image de Donald Trump entouré de pasteurs priant pour lui, sinon que les États-Unis semblent définitivement tombés dans le nihilisme ? La mise en scène est exactement ce que décrit Guy Debord dans La société du spectacle, où l’image ne représente plus la réalité, mais est devenue un simulacre qui finit par la remplacer[1].

Cette image illustre l'acte de décès de la religion protestante américaine, marquant le passage du stade « zombie » au « stade zéro » théorisé par Emmanuel Todd[2]. La foi devient un accessoire identitaire : on ne prie plus pour le salut de l’âme, mais pour la victoire des États-Unis sur l’Iran.

« Les Juifs l’entourèrent, et lui dirent : Jusqu’à quand tiendras-tu notre esprit en suspens ? Si tu es le Christ, dis-le-nous franchement. Jésus leur répondit : Je vous l’ai dit, et vous ne croyez pas. Les œuvres que je fais au nom de mon Père rendent témoignage de moi. Mais vous ne croyez pas, parce que vous n’êtes pas de mes brebis. Mes brebis entendent ma voix ; je les connais, et elles me suivent. Je leur donne la vie éternelle ; et elles ne périront jamais, et personne ne les ravira de ma main. Mon Père, qui me les a données, est plus grand que tous ; et personne ne peut les ravir de la main de mon Père. Moi et le Père nous sommes un. Les Juifs prirent de nouveau des pierres pour le lapider. »[3]

En transformant le sacré en simple décorum politique, cette scène révèle le passage définitif dans le nihilisme de la société américaine. Comme les pharisiens de l’Évangile selon Saint-Jean, obsédés par les colonnes du Temple et la Loi de Moïse, aveuglés par leur propre certitude allant jusqu’à lapider le Christ, ces acteurs semblent s’accrocher aux symboles d’une foi dont ils ont pourtant renié les valeurs morales et la quête de vérité.

C’est peut-être cela, au fond, le triomphe du simulacre : un système qui invoque le nom de Dieu pour valider son propre narcissisme.

 

Nicolas Maxime


[1] Guy Debord, La Société du spectacle, Buchet-Chastel, 1967.

[2] Emmanuel Todd, La Défaite de l’Occident, Gallimard, 2024.

[3] Jean 10, 24-31.

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