Je n’ai pas de parcours universitaire classique, je suis autodidacte. Je suis devenu critique du néolibéralisme, de ses effets économiques, sociaux et culturels. Mes références actuelles sont Emmanuel Todd, René Girard, Jean-Claude Michéa, Dany-Robert Dufour, Bernard Friot, Frédéric Lordon, David Cayla, Coralie Delaume, David Graeber, Michel Feher, Naomi Klein...
Il arrive parfois que l’on prenne le temps de parcourir les programmes des candidats dits « mineurs » à l’élection présidentielle : Nathalie Arthaud, Philippe Poutou et Jean Lassalle[1].
Concernant Nathalie Arthaud et Philippe Poutou, la lecture de leurs programmes ne réserve guère de surprises. Les deux candidats trotskistes défendent des mesures classiques de leur courant idéologique :
– augmentation du SMIC à 1 800 euros nets pour Philippe Poutou et 2 000 euros nets pour Nathalie Arthaud ;
– réquisition des banques et de certaines entreprises ;
– expropriation des grandes fortunes ;
– libre circulation des migrants ;
– suppression de la TVA, soit environ 150 milliards d’euros de recettes fiscales en moins ;
– projet de « États-Unis socialistes d’Europe ».
Philippe Poutou va plus loin encore en proposant le désarmement de la police et la suppression des prisons.
Un point interroge toutefois : l’absence de référence à des propositions issues du communisme contemporain, comme le salaire à vie défendu par Bernard Friot[2]. Une telle mesure, portée par un candidat communiste s’entourant d’économistes comme Bernard Friot ou Frédéric Lordon, pourrait sans doute élargir l’audience électorale et contribuer à populariser des idées communistes renouvelées au sein des classes populaires. Ces candidatures semblent ainsi davantage relever d’une logique testimoniale que d’une stratégie de conquête électorale.
Le cas de Jean Lassalle est d’une tout autre nature. Issu du monde rural, fils de berger, passé par l’UDF puis le MoDem, il bénéficie d’un fort capital de sympathie et est souvent tourné en dérision par les médias en raison de son style et de son franc-parler. Pourtant, une lecture attentive de son programme révèle un ensemble de propositions sociales et institutionnelles notables :
– instauration d’un référendum d’initiative citoyenne (RIC) ;
– extension du RSA aux jeunes de 18 à 25 ans ;
– construction de logements sociaux et remise en cause des baisses des APL ;
– hébergement garanti pour toutes les personnes sans domicile ;
– ouverture de 20 000 lits hospitaliers et recrutement de 100 000 soignants ;
– revalorisation du salaire et du statut des enseignants ;
– valorisation de l’alternance et des filières professionnelles ;
– revalorisation du SMIC à 1 400 euros nets ;
– rétablissement de l’ISF ;
– investissements massifs dans la réindustrialisation ;
– nationalisation des entreprises relevant de secteurs stratégiques.
Ce programme s’inscrit toutefois dans une vision rurale et traditionaliste, sans remise en cause de la chasse et de la pêche, et où la question écologique demeure marginale. Par ailleurs, la référence constante à la souveraineté nationale ne s’accompagne pas d’une critique explicite des traités européens.
Nicolas Maxime