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Je n’ai pas de parcours universitaire classique, je suis autodidacte. Je suis devenu critique du néolibéralisme, de ses effets économiques, sociaux et culturels. Mes références actuelles sont Emmanuel Todd, René Girard, Jean-Claude Michéa, Dany-Robert Dufour, Bernard Friot, Frédéric Lordon, David Cayla, Coralie Delaume, David Graeber, Michel Feher, Naomi Klein...

Quand le football devient le dernier refuge du collectif

Ce n’est pas tant le fait que ce soient des millionnaires qui tapent dans un ballon qui pose problème. Le sport de haut niveau a depuis longtemps été intégré à l’économie du spectacle et du divertissement, avec ses excès, ses inégalités et sa marchandisation assumée.

Ce qui pose davantage question, c’est que le football soit devenu l’unique moment de rassemblement collectif. Dans une société néolibérale, narcissique et profondément égocentrée, où les formes traditionnelles de solidarité et d’appartenance ont été méthodiquement affaiblies, il ne resterait plus que le football pour produire, de manière éphémère, un sentiment d’unité populaire.

Pendant quelques semaines, les différences sociales semblent suspendues, les individus se retrouvent dans l’espace public, chantent, vibrent ensemble. Mais cette communion est sans lendemain. Elle ne débouche sur aucun projet commun durable, aucune organisation collective, aucune traduction politique ou sociale. Elle fonctionne comme une soupape émotionnelle, permettant d’évacuer frustrations et colères sans jamais remettre en cause l’ordre établi.

Lorsque, au mois de janvier, ces scènes de liesse et ces moments de ferveur populaire auront été oubliés, que restera-t-il de cette force collective ? Que restera-t-il face à la réforme des retraites, aux attaques contre les protections sociales, à la dégradation des services publics ? Chacun retournera chez soi, isolé, ayant oublié que cette puissance collective — pourtant bien réelle — pourrait permettre non seulement de faire céder un gouvernement, mais aussi d’arracher de nouvelles conquêtes sociales.

Le football apparaît alors moins comme un simple sport que comme un révélateur : celui d’une société où le collectif ne subsiste plus que sous une forme spectaculaire, dépolitisée et temporaire. Tant que cette énergie commune ne sera pas réinvestie dans des luttes sociales, syndicales et politiques, elle restera un moment de communion sans lendemain, toléré — voire encouragé — précisément parce qu’il ne menace rien.

 

Nicolas Maxime

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