Je n’ai pas de parcours universitaire classique, je suis autodidacte. Je suis devenu critique du néolibéralisme, de ses effets économiques, sociaux et culturels. Mes références actuelles sont Emmanuel Todd, René Girard, Jean-Claude Michéa, Dany-Robert Dufour, Bernard Friot, Frédéric Lordon, David Cayla, Coralie Delaume, David Graeber, Michel Feher, Naomi Klein...
Aucune politique économique de gauche n’est possible en respectant les traités européens et en restant dans le cadre du marché unique et de la monnaie unique. Ce simple constat suffit à situer cette position dans le champ du souverainisme.
Cependant, se libérer du carcan de l’Union européenne n’est qu’une condition parmi d’autres pour retrouver une véritable souveraineté monétaire et économique. C’est précisément sur ce point que se situe la rupture avec une grande partie des souverainistes, notamment ceux de droite.
Par exemple, les États-Unis disposent de leur propre devise — le dollar — et de règles protégeant davantage leur marché intérieur. Pourtant, ils ne sont guère plus souverains, dans la mesure où la FED est indépendante du pouvoir politique et largement soumise aux exigences des marchés financiers.
Retrouver une souveraineté monétaire et économique effective suppose donc non seulement de s’affranchir des règles européennes, mais aussi de se libérer de la tutelle des marchés financiers, ce qui implique plusieurs mesures structurantes :
Sortir des traités européens, voire de l’Union européenne elle-même, n’aurait aucun effet économique réel si ces cinq mesures n’étaient pas appliquées. Sans elles, la France demeurerait sous la tutelle des marchés financiers, privée de toute souveraineté monétaire et économique effective.
Ceux qui prônent un Frexit tout en conservant une Banque de France indépendante, sans séparation bancaire, sans Circuit du Trésor, sans nationalisations ni planification, sans contrôle des capitaux ni lutte sérieuse contre l’évasion fiscale, ne relèvent pas du souverainisme. Ils défendent un nationalisme de façade, visant à appliquer le néolibéralisme à l’échelle nationale. Le reste ne relève que du discours creux et de la posture intellectuelle.
Nicolas Maxime
[1] Jacques Delors, Loi bancaire du 24 janvier 1984, Journal officiel de la République française, 1984 : cette loi a libéralisé le secteur bancaire français en permettant aux banques de dépôt de réaliser des opérations d’investissement et aux banques d’affaires de se rapprocher de la clientèle classique, afin de moderniser le système et le rendre compétitif au sein du futur marché unique européen, au prix d’une perte de la séparation stricte entre activités bancaires et d’une augmentation du risque systémique.