Je n’ai pas de parcours universitaire classique, je suis autodidacte. Je suis devenu critique du néolibéralisme, de ses effets économiques, sociaux et culturels. Mes références actuelles sont Emmanuel Todd, René Girard, Jean-Claude Michéa, Dany-Robert Dufour, Bernard Friot, Frédéric Lordon, David Cayla, Coralie Delaume, David Graeber, Michel Feher, Naomi Klein...
Une situation catastrophique : celle des urgences. Une centaine de services d’urgences ont réduit leurs activités sur les 690 que compte la France. Depuis la mise en place de la tarification à l’acte, les conditions de travail à l’hôpital public n’ont cessé de se dégrader[1].
Des soignants ont démissionné à la suite de la crise de la Covid-19 et 15 000 ont été suspendus parce qu’ils ont refusé l’obligation vaccinale, ce qui a créé une situation de chaos ayant pour conséquence la fermeture de structures[2]. Par manque de personnel, plusieurs grands CHU sont obligés de réduire fortement l’activité de leur service des urgences. Des tris sont effectués à l’entrée des urgences. Les personnels sont épuisés et certains sont en grève.
Pour un pays classé cinquième puissance économique mondiale, c’est une catastrophe.
« Il y a un phénomène de grand renoncement, avec des personnels totalement désabusés qui n’adhèrent plus à l’idée collective et fédérative qu’est l’hôpital public », souligne Patrick Pelloux (président de l’Association des médecins urgentistes hospitaliers de France), en tirant la sonnette d’alarme.
Mieux vaut ne pas avoir une urgence médicale cet été, car la situation va s’aggraver. En plus du manque actuel de soignants, d’autres vont faire valoir leurs droits à leurs congés estivaux.
« Cela va être renforcé par l’afflux massif de touristes dans des zones touristiques où les hôpitaux ne fonctionnent plus, ou seulement avec des médecins intérimaires », commente Patrick Pelloux. « Cela va être atroce, du jamais vu. »[3]
Il est urgent de valoriser le travail de tous les soignants, tant sur le plan financier que sur celui de la reconnaissance. À défaut, des drames humains surviendront dès cet été.
Nicolas Maxime
[1] Europe 1, Tensions hospitalières : 120 services d’urgences forcés de limiter leur activité, 20 mai 2022. Article décrivant qu’environ 120 services d’urgences ont été contraints de réduire leur activité ou de fermer temporairement, notamment en raison du manque de médecins et de soignants, ce qui reflète la crise persistante du système d’urgence en France.
[2] Sénat, Compte rendu de séance publique, 5 octobre 2021.
[3] CNews, « Hôpitaux : la situation est « catastrophique » selon Patrick Pelloux, qui prédit un été « atroce » », 19 mai 2022.