Je n’ai pas de parcours universitaire classique, je suis autodidacte. Je suis devenu critique du néolibéralisme, de ses effets économiques, sociaux et culturels. Mes références actuelles sont Emmanuel Todd, René Girard, Jean-Claude Michéa, Dany-Robert Dufour, Bernard Friot, Frédéric Lordon, David Cayla, Coralie Delaume, David Graeber, Michel Feher, Naomi Klein...
Le logement ne sera pas une priorité de ce gouvernement, pas plus qu’il ne l’a été pour les candidats durant la campagne présidentielle. Aucun ministère ne lui sera consacré.
Pourtant, le logement a été à l’origine de la dernière grande crise financière de 2008.
Il constitue le premier poste de dépense des Français, en particulier pour les locataires, avec une moyenne de 628 euros par mois[1]. Entre 6 et 7 millions de personnes peinent à payer leur loyer, 4 millions sont mal logées et environ 300 000 sont considérées comme sans domicile fixe[2], dans un pays classé parmi les sept puissances économiques mondiales[3].
Dans certaines villes, des ménages ne peuvent plus se loger en raison de la spéculation immobilière, notamment liée à la location touristique via des plateformes numériques comme Airbnb. À cela s’ajoute une grave pénurie de logements neufs, l’existence de près de 3 millions de logements vacants[4] et un sous-investissement chronique dans le logement social et intermédiaire.
Les solutions sont pourtant bien connues : construction d’au moins 200 000 logements sociaux par an, mise en place d’une garantie universelle des loyers pour sécuriser les propriétaires et les locataires, encadrement effectif des loyers et instauration de quotas de locations touristiques dans les villes, généralisation du Housing First permettant aux personnes sans abri d’accéder d’abord à un logement avant un accompagnement social[5], développement des organismes fonciers solidaires afin de faciliter l’accès à la propriété pour les ménages modestes.
Plus largement, le logement devrait enfin être considéré comme un besoin vital et fondamental, au même titre que la santé, en envisageant la mise en place d’une véritable Sécurité sociale du logement.
Malheureusement, la seule possibilité pour que le logement redevienne une priorité politique viendra probablement d’une crise majeure, lorsque des pans entiers de la population seront directement concernés. Espérons qu’à ce moment-là, les décisions qui s’imposent seront enfin prises.
Nicolas Maxime
[1] La Tribune, 628 € : ce que dépensent chaque mois les Français pour leur logement, 23 mai 2022.
[2] Fondation Abbé Pierre, Rapport annuel sur l’état du mal-logement en France 2022.
[3] Selon les estimations de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international pour 2021, la France se classait parmi les plus grandes économies mondiales en termes de PIB nominal, généralement au 6ᵉ ou 7ᵉ rang, derrière les États‑Unis, la Chine, l’Allemagne, le Japon, l’Inde et le Royaume‑Uni, mais souvent citée comme une des principales puissances économiques globales.
[4] La France compte environ 3 millions de logements vacants, soit près de 8 % du parc immobilier, selon l’INSEE.
[5] Le modèle Housing First (« logement d’abord ») repose sur l’idée qu’il faut donner un logement stable et permanent aux personnes sans abri sans condition préalable, puis proposer un accompagnement social et médical adapté, librement accepté par les bénéficiaires.