Je n’ai pas de parcours universitaire classique, je suis autodidacte. Je suis devenu critique du néolibéralisme, de ses effets économiques, sociaux et culturels. Mes références actuelles sont Emmanuel Todd, René Girard, Jean-Claude Michéa, Dany-Robert Dufour, Bernard Friot, Frédéric Lordon, David Cayla, Coralie Delaume, David Graeber, Michel Feher, Naomi Klein...
Chris Hughes évoque la nécessité de démanteler Facebook, estimant que l’entreprise se trouve en quasi-situation de monopole et qu’elle représente un risque pour la démocratie. Cette position relance le débat sur le pouvoir des multinationales du numérique et leur influence sur l’économie, l’information et les institutions démocratiques.
Une loi antitrust vise précisément à limiter ou réduire la concentration économique. Elle peut être définie comme une législation qui « s’oppose à l’entrave de la libre concurrence pratiquée par des groupements de producteurs cherchant à bénéficier d’un monopole ». Historiquement, ce type de politique a déjà été mis en œuvre : en 1890, la Standard Oil de John D. Rockefeller a été démantelée en plusieurs entités, considérée comme trop dominante[1]. Par la suite, des lois ont été renforcées, notamment sous Theodore Roosevelt, afin de lutter contre les concentrations excessives de pouvoir économique.
Aujourd’hui, Google, Amazon, Facebook, Apple et Microsoft ont acquis un pouvoir qui dépasse souvent celui de nombreux États. Leur domination des marchés, leur contrôle des données et leur influence sur la circulation de l’information leur permettent de façonner nos économies et nos sociétés selon leurs intérêts. Face à cette concentration inédite du pouvoir privé, la puissance publique ne peut plus se contenter d’accompagner le marché mais doit reprendre l’initiative et imposer des règles au service de l’intérêt général.
Nicolas Maxime
[1] U.S. Department of Justice, Sherman Antitrust Act (1890) — loi fondatrice du droit antitrust américain interdisant les ententes et monopoles anticoncurrentiels.