Je n’ai pas de parcours universitaire classique, je suis autodidacte. Je suis devenu critique du néolibéralisme, de ses effets économiques, sociaux et culturels. Mes références actuelles sont Emmanuel Todd, René Girard, Jean-Claude Michéa, Dany-Robert Dufour, Bernard Friot, Frédéric Lordon, David Cayla, Coralie Delaume, David Graeber, Michel Feher, Naomi Klein...
Il y a une ironie cruelle à voir une partie des souverainistes sombrer dans la théorie d’un « Deep State » [1]qui aurait orchestré un complot mondialo-wokiste à travers la pandémie de Covid-19, tout en adoptant le discours libertarien d’Elon Musk. Comme si la seule réponse aux dérives du pouvoir était de démanteler l’administration publique à la tronçonneuse en relayant aveuglément les élucubrations de Sarah Knafo et consorts.
Ce qui aurait pu prêter à sourire si ce n’était qu’une anecdote devient tragique lorsqu’on réalise que ce naufrage idéologique affaiblit toute perspective sérieuse de souveraineté populaire. Obsédés par la vassalité de Bruxelles, ils en viennent à la combattre non pas au nom d’une véritable indépendance, mais pour mieux aligner la France sur les dogmes libertariens venus de Washington. C’est ce qui arrive quand on n’a pas de colonne vertébrale idéologique, notamment anticapitaliste, et que le seul projet politique se résume au Frexit sans penser à ce qu’on met ensuite à la place.
Plutôt que de reconstruire une souveraineté économique et politique, ils ne font qu’accompagner le démantèlement du peu qu’il en reste, troquant une sujétion pour une autre.
Nicolas Maxime
[1] Deep State est un terme utilisé dans les discours complotistes pour désigner des réseaux de pouvoir supposés agir secrètement derrière les institutions officielles, une idée qui s’est particulièrement répandue au cours de la pandémie de Covid‑19, où des narratifs liant des élites occultes ou un « gouvernement invisible » à la crise sanitaire ont circulé en ligne et affaibli la crédibilité des autorités sanitaires et politiques.