Je n’ai pas de parcours universitaire classique, je suis autodidacte. Je suis devenu critique du néolibéralisme, de ses effets économiques, sociaux et culturels. Mes références actuelles sont Emmanuel Todd, René Girard, Jean-Claude Michéa, Dany-Robert Dufour, Bernard Friot, Frédéric Lordon, David Cayla, Coralie Delaume, David Graeber, Michel Feher, Naomi Klein...
Les arguments des deux camps pour former des barrages, soit contre Le Pen, soit contre Macron, se révèlent contre-productifs quand ils ne sont pas tout simplement ineptes. Ils sont relayés dans les médias et sur les réseaux sociaux par des polémistes, des pseudo-philosophes, des journalistes et autres youtubeurs en carton-pâte.
Concernant le barrage anti-Le Pen :
Concernant le barrage anti-Macron : difficile d’entendre un argument plus faible que celui-ci, à savoir qu’il faudrait voter Le Pen car elle serait soutenue par les classes populaires. Du côté du barrage anti-Macron, le niveau n’est guère meilleur. Une partie des classes populaires — celles des campagnes et zones périphériques, des ouvriers, des agriculteurs — vote Le Pen, donc il faudrait voter Le Pen. Et les classes populaires des quartiers populaires ou des centres-villes, les travailleurs sociaux, ceux qui travaillent dans l’aide à la personne, les chômeurs ou les allocataires des minima sociaux, ne feraient-ils pas partie des classes populaires ?
En poussant la logique plus loin : les ouvriers ont voté majoritairement Sarkozy en 2007, aurait-il donc fallu voter Sarkozy[1] ? Si, un jour, une partie des classes populaires votait pour un candidat prônant la privatisation de la Sécurité sociale et la retraite par capitalisation, faudrait-il alors voter pour lui sous prétexte qu’il représenterait les classes populaires ?
Un tel argument apparaît particulièrement faible. Qu’il soit autant relayé sur les réseaux sociaux par des polémistes ou des soi-disant journalistes apparaît inquiétant quant au niveau général du débat politique en France.
Nicolas Maxime
[1] Ipsos / Sopra Steria, Enquête sortie des urnes – Élection présidentielle 2007, répartition du vote par catégorie socioprofessionnelle (ouvriers : avantage Sarkozy au second tour).